Des conclusions encourageantes
En effet, selon une étude réalisée pas le directeur scientifique du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT) de l’Université du Québec à Chicoutimi, monsieur Marc-Urbain Proulx, Shawinigan est toujours dans une position favorable afin de poursuivre sa production dans le secteur de l’aluminium. «Shawinigan représente un point chaud de la grappe québécoise de l’aluminium de par sa localisation au cœur du Québec et son contenu en matière de masse critique d’une main-d’œuvre spécialisée (1 700 emplois)», déclare M. Proulx qui a mandat par la Ville pour son étude au montant de 83 112 $.
Le directeur scientifique qui a réalisé l’étude sur «Le repositionnement économique de Shawinigan et de la Mauricie dans l’industrie mondiale de l’aluminium en mouvement» précise cependant que l’innovation des acteurs constitue le principal enjeu dans le dossier de relance, de concert avec la mobilisation et le partenariat. «Le milieu de Shawinigan a tout intérêt à observer les mouvements au sein de la grappe québécoise qui cherche, dès maintenant, et qui cherchera davantage au cours des prochaines années à s’intégrer dans l’industrie mondiale, car, oui, l’industrie se porte bien globalement.»
Shawinigan mise sur la 2ième fusion
Selon les données disponibles, le procédé de 2ième fusion de l’aluminium, qui consiste à réutiliser les débris tombés des machines ou autres résidus comme l’aluminium des canettes de liqueur, se chiffre dans une proportion nettement sous son plein potentiel au Canada. «En réalité, le marché des produits fabriqués avec ce procédé de 2ième fusion possède un excellent potentiel au Québec, au Canada et ailleurs. La Chine s’affirme également de plus en plus comme un client pour le Canada dans ce type d’opérations», soutient le chercheur. D’après lui, il importe de connaître l’industrie comme il se doit pour pouvoir négocier ensuite et ce type de procédé est une avenue non négligeable pour la relance de l’usine de Shawinigan.
«En plus d’offrir une solution avantageuse sous diverses facettes, la 2ième fusion exige 26 fois moins d’énergie que la 1re fusion d’aluminium. L’énergie représente autour de 30% des coûts de production de l’aluminium primaire, c’est pourquoi il existe déjà en 2010 près de 2 500 usines de 2ième fusion localisées un peu partout sur la planète, dont 15 unités présentes au Québec», souligne M. Proulx.
Louis-Gérard Dallaire, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l'aluminerie Alcan inc. (CSN), insiste toutefois sur l’importance de maintenir les activités de l’usine jusqu’à son échéance prévue au 1er janvier 2015, malgré une économie mondiale fragile. «C’est essentiel pour donner la chance aux travailleurs actuels de bénéficier du plein potentiel des éléments négociés à la fin 2011, mais également pour permettre à la communauté d’avoir le temps de se préparer à faire face à cet important impact sur son économie locale», explique-t-il. Il rajoute qu’il serait bien curieux d’entendre les aspirants candidats sur ce dossier délicat…
Du côté du maire Angers, on fonde des espoirs dans les conclusions de cette étude. «C’est certain que nous souhaitons la poursuite des opérations de l’aluminerie au-delà de 2014. Nous avons l’obligation de regarder vers l’avenir et de trouver des solutions innovatrices afin de poursuivre les opérations industrielles sur le site de l’aluminerie de Shawinigan», affirme le maire. Il précise qu’il entend bien faire pression sur les élus afin de passer le cap de l’échéance en janvier et d’entreprendre un plan d’actions innovatrices rapidement.
Voyage de reconnaissance en Europe
D’ailleurs, au cours de la première semaine de septembre, une délégation composée du directeur général de la Ville, Gaétan Béchard, du directeur du Centre local de Développement de Shawinigan, Luc Arvisais, et du maire se rendra en France et en Suisse pour visiter des sites de reconversion industrielle. «Nous allons rencontrer et discuter avec des maires et des intervenants économiques pour évaluer les différentes stratégies de relance et identifier celles qui ont eu le plus de succès», explique le maire.
À son retour, M. Angers compte bien poursuivre les discussions avec Rio Tinto Alcan et le Comité de diversification. Son objectif : un projet de relance industrielle viable pour le site de l’Aluminerie.


