Les enjeux doivent effectivement être importants pour que les trois centrales syndicales, la FTQ, la CSN, et le secrétariat intersyndical des services publics (SISP) unissent leurs efforts dans une cause commune. Tous se souviennent que lors des dernières négociations en 2005, le gouvernement avait déclaré un décret, obligeant les travailleurs de l'État à retourner au travail, sans avoir droit à de véritables négociations. Cette foi-ci, en sensibilisant la population, le Front commun espère qu'avec la fin de la convention collective à la fin mars, ils auront droits à de vraies négociations avec le gouvernement.
D'ailleurs, le Bureau International du Travail avait condamné sévèrement le décret gouvernemental de 2005, imposé aux travailleurs de la fonction publique. Cette fois-ci, il semblerait qu'il y ait une ouverture. « Là au moins, ils sont à la table de négociations. C'est plus positif que la dernière fois. Mais, on est loin de la coupe aux lèvres », explique Paul Lavergne, président du conseil central du cœur du Québec pour la CSN.
Un impact économique
Pour la Mauricie seulement, c'est 22 666 travailleurs du secteur public. Ce qui représente une masse salariale de 805 millions de dollars, avec une moyenne de 35 000 $ par année. L'augmentation des salaires, des employés de la fonction publique, aurait donc un impact non négligeable sur l'économie de la région.
« Depuis plusieurs négociations, il n'y a pas vraiment eu d'augmentation de salaire », raconte M. Lavergne. Par conséquent, les salaires des employés de l'État accusent un retard de 8,7 %, avec ceux versés dans d'autres secteurs pour des emplois similaires. « Les faibles salaires, ça explique en partie la pénurie de ressources que vit actuellement le secteur public. On veut améliorer les conditions de travail, c'est essentiel. Le front commun demande des augmentations de 11,25 % réparties sur trois ans, alors que celles du gouvernement sont de 7 % sur cinq ans », ajoute M. Lavergne.
Au total, le Front commun représente 475 000 Québécois qui travaillent dans le secteur public, et veut en arriver à une entente avant le 31 mars. « C'est un objectif réaliste puisque les syndicats ont identifié un nombre restreint d'enjeux les plus urgents. Pour y arriver, il faudra toutefois que le gouvernement, et les employeurs, y mettent aussi leurs énergies nécessaires » conclu Denis Bastarache, porte-parole pour le SISP.

