L'ancien leader de la CSN était le conférencier invité de janvier du Regroupement pour la défense des droits sociaux, à Shawinigan. M. Chartrand fait depuis quelques années la promotion d'un «revenu de citoyenneté» pour venir à bout de la pauvreté. «Quand la Shawinigan Chemicals est partie, j'ai demandé au président si c'était à cause des salaires, durant une conférence de presse. Il a dit: "It's a irrelevant!. Ça n'a pas de rapport. Ils voulaient s'installer en Nouvelle-Écosse, plus près de la mer, là où était le marché.»
Ce fut aussi le cas de la CIL, et de la DuPont. «Carborandum est restée parce que c'était un trou, calisse, c't'effrayant!»
La vie syndicale était aussi prospère que les compagnies dans les années 1950 à Shawinigan. Même si ça ne se rapproche pas des grandes grèves d'Asbestos, Murdochville et Louiseville qui ont contribué à faire de «l'homme de parole» une légende. «C'est à Shawinigan que l'on retrouvait les syndicats les plus vaillants et les plus disciplinés», souligne-t-il à L'Hebdo. Cela s'explique selon lui par le fait que Shawinigan était une ville qui n'avait pas 50 ans à l'époque et qui n'avait pas de grandes institutions comme un palais de justice ou un écrasant archevêché. Ses travailleurs provenaient de l'extérieur. «Les gars qui rentraient à 3h venaient au syndicat à 1h. Les autres aussi. Et les permanents assistaient aux discussions des exécutifs seulement quand ils étaient invités.» Ce courage politique se reflétait aux élections: le libéral René Hamel était réélu, pour le plus grand malheur du député du comté voisin qui s'adonnait à être également le premier ministre de la province.
C'est à Shawinigan que l'on retrouvait les syndicats les plus vaillants et les plus disciplinés - Michel Chartrand
Des conflits de travail musclés ont permis aux ouvriers shawiniganais de laisser un héritage au mouvement syndical. La Shawinigan Chemicals fut la première usine au Québec à accorder un local au permanent syndical dans l'usine même. «Quand un syndicat tombait en grève, les autres les soutenaient financièrement. Les gars gagnaient bien leur vie, mais ils n'étaient pas riche.»
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