TGV Net clame aujourd'hui son «impatience» et son «insatisfaction» devant la lenteur d'Ottawa. Le 1er septembre 2009, le gouvernement Harper annonçait qu'il mettait disponible 225 millions$ sur trois ans afin de rendre disponible Internet large bande aux communautés non desservies ou encore mal desservies.
Industrie Canada donnait cependant à peine six semaines aux intéressés pour déposer leurs demandes. Parce que TGV Net avait déjà en main un portrait détaillé des besoins de son territoire, l'organisme sans but lucratif a été en mesure de déposer rapidement onze projets totalisant 11,8 millions$.
Ottawa devait dévoiler les projets retenus en janvier mais devant le grand nombre de dossiers déposés, le gouvernement a annoncé une première fois qu'il reportait sa décision au 1er mars. Puis la date venue, Industrie Canada invitait les promoteurs à patienter jusqu'au 1er avril. «Voilà près d'un mois et nous n'avons pas encore de réponse», signale Maryse Gervais, directrice générale de TGV Net.
Sur la page Internet du programme Large bande Canada: Un milieu rural branché, on peut lire depuis le 1er avril le message suivant: Les responsables du programme Large bande Canada ont maintenant terminé d’évaluer les demandes. Tous les demandeurs seront avisés au cours des prochaines semaines sur la situation de leur demande.
Selon Maryse Gervais, 540 demandes avaient été adressées à Industrie Canada mais seulement la moitié était conforme. Impossible pour elle de savoir par contre si les onze projets de TGV Net faisaient partie de ceux qui ont tenu la route. C'est ce mutisme qui exaspère l'organisme qui souhaiterait minimalement savoir à quoi s'en tenir. «Il était légitime de penser que nous pouvions concrétiser tous nos projets en 2010 en amorçant les travaux ce printemps. Mais dans la situation actuelle, il vaut mieux parler de 2011.»
Parce que présentement, compte tenu des sommes substantielles en jeu, aucun projet ne peut être démarré sans l'aide des gouvernements. Du côté de Québec, qui a aussi son programme d'aide - Communautés rurales branchées - qui dispose d'un montant de 24 millions$ sur cinq ans, on attend qu'Ottawa donne ses réponses avant d'aller de l'avant. Ensemble, l'aide combinée des deux gouvernements peut atteindre un maximum de 90% des coûts des projets.
L'impatience de TGV Net est partagée par plusieurs autres intervenants. La Fédération québécoise des municipalités (FQM) dénonçait pas plus tard que le 8 avril dernier l'inaction du gouvernement Harper dans ce dossier. Son président Bernard Généreux citait l'exemple de la municipalité de Saint-Louis-de-Blandford qui avait décidé devant la demande pressante de ses citoyens d'investir elle-même 500 000$ dans la construction d'un réseau de fibres optiques. «Encore une fois, ce sont les citoyens, à même la taxe foncière, qui devront payer pour un service de base auquel tous devraient pourtant avoir droit.», dénonce la FQM, jugeant la situation inadmissible.
TGV Net a fait des représentations auprès du député fédéral de Saint-Maurice/Champlain, Jean-Yves Laforest, afin de faire pression sur le gouvernement mais l'initiative n'a pas apporté de résultats jusqu'à présent. Au bureau du député, on déplore le fait que seulement 225 millions$ aient été rendus disponibles alors que l'ensemble des projets aurait nécessité une enveloppe de près de 1 milliard$.
Projets Internet haute vitesse de TGV Net
Shawinigan Québec Ottawa Nbs de ménages
Lac-des-Piles 523 383$ 460 166$ 150
Rang Saint-Olivier (St-Jean-des-Piles) 45 282$ 25 834$ 37
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