«D’objet de fierté, l’Auberge Grand-Mère est devenue un objet de honte», a déclaré le maire Michel Angers en énumérant les raisons pour lesquelles la Ville a décidé d’opter pour cette décision sans retour.
Essentiellement, il semble que l’état lamentable dans lequel se retrouve aujourd’hui le bâtiment rende l’opération de remise en état impossible sur le plan financier. Le propriétaire des lieux, Habitations Fortex, une division de Réseau Sélection qui avait acquis l’auberge pour 750 000$ il y a trois ans, avait fait savoir dernièrement au conseil municipal que le projet de restauration n’était plus rentable, même si la Ville s’était engagée en septembre 2009 à verser 1 million$ au promoteur afin qu’il le termine.
Une soixantaine de citoyens s’était déplacée pour assister à cette séance publique extraordinaire. Une vingtaine d’entre eux ont défilé au micro à la période de questions et à l’exception d’une intervention, tous ont salué la décision du conseil municipal tout en déplorant qu’on se soit rendu là.
Aux questions de citoyens qui demandaient au maire si une nouvelle auberge sera construite en lieu et place de l’ancienne, Michel Angers a joué franc jeu en révélant que les échanges tenus jusqu’ici avec le propriétaire ne lui laissaient pas grands espoirs en ce sens.
Il semblerait que Habitations Fortex privilégie plutôt la construction de condominiums, comme il a déjà entrepris, plutôt qu’un établissement hôtelier. «Le fond de terrain leur appartient», a déclaré le maire pour expliquer les pouvoirs limités que le conseil possédait afin de l’obliger à reconstruire une auberge.
«D’objet de fierté, l’Auberge Grand-Mère est devenue un objet de honte» - - Michel Angers, maire de Shawinigan
C’est plutôt vers l’adoption d’un Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) que la Ville se tournera afin de veiller sur les plans du promoteur. Ce règlement oblige que les nouvelles constructions harmonisent leur aspect extérieur avec le patrimoine bâti déjà en place. «On peut les obliger à construire un édifice qui s’apparentera un peu à l’ancienne auberge ou à la Maison de la culture Francis-Brisson», a précisé le maire qui a promis d’être sans compromis à ce sujet.
Michel Angers a confié avoir profité de la journée de la fête nationale le 24 juin dernier pour discuter avec les Grand-Mérois qui, presque à l’unanimité, lui ont demandé de démolir cet édifice centenaire. Le conseil municipal a également interpellé la direction régionale du ministère de la Culture et des Communications qui semble avoir donné son aval à la démolition du bâtiment qui a été construit par la compagnie Laurentide il y a 114 ans pour héberger ses travailleurs et ses dirigeants. Il s’agit du plus vieux bâtiment de l’ancienne ville de Grand-Mère.
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