Compteur en mains, le directeur général de la Cité de l’énergie a arpenté les 4e et 5e rue le week-end dernier pour vérifier l’affluence. Et pour être bien sûr de ne pas se tromper, ils étaient à deux à faire l’exercice qu’ils ont répété trois fois. Verdict: 540 personnes le samedi et 1240 le dimanche. «Et là, je compte ceux qui étaient assis sur leur balcon.»
Robert Trudel avait fait le même exercice en 2009 et il était arrivé 2430 visiteurs le dimanche après-midi, ce qui est bien loin des 20 000 personnes évoquées par Serge Lajoie. «Ce n’est pas compliqué, moi le premier, les commerçants perdent de l’argent durant ce week-end parce que leur clientèle n’a plus accès au centre-ville du jeudi au dimanche», avance le propriétaire du Figaro. «Le restaurant Auger sert habituellement 500 déjeuners le dimanche, il n’en a préparé que 200 la journée du karting.»
Robert Trudel n’a pas apprécié la sortie de Serge Lajoie contre les commerçants qui ne l’appuient pas. «En tant que président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville, M. Lajoie utilise presque tout le budget de l’association pour tenir son événement. Et cette enveloppe est constituée des cotisations des commerçants.»
«Pas de bilan, pas de rapport, pas de réunions! Serge Lajoie utilise le Regroupement pour tenir son événement.» - - Robert Trudel
Il déplore que les commerçants ne puissent avoir accès aux chiffres du Grand prix de karting. «Pas de bilan, pas de rapport, pas de réunions! Serge Lajoie utilise le Regroupement pour tenir son événement.»
S’il n’en tenait qu’à lui, Robert Trudel utiliserait le 100 000$ que coûte l’organisation du Grand prix de karting pour créer une animation au centre-ville qui n’exigerait pas la fermeture des rues. «Il pourrait tenir ses courses à l’aréna et nous, nous garderions notre clientèle au centre-ville.»
Pour le directeur de la Cité de l’énergie, la question à se poser est la suivante: est-ce qu’on se sert d’un centre-ville pour tenir des activités ou un veut un centre-ville où les commerces fonctionnent?

