Pour René Fugère, vice-président chez Recyclage Arctic Béluga, ces vols sont déplorables. Toutefois, ce sont les dommages causés pour mettre la main sur ces quelques centaines de dollars en matériaux qui posent le plus grand problème.
«Prenons par exemple la sous-centrale électrique. Comme c'est très lourd, les voleurs ont quitté avec seulement quelques mètres de fils électrique de cuivre. En les revendant, ils ont peut-être touché 150, 200$. Pour y parvenir, ils ont causé des dommages qui oscillent entre 250 000$ et 300 000$. Nous avons des projets pour ces équipements et nous devrons maintenant débourser de gros montants pour remettre en état ces pièces bousillées», raconte-t-il.
La police fait le travail, mais pas le juge
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent ce nombre élevé de vols: la pauvreté et le système judiciaire.
«En ''mort-ici'', nous sommes durement éprouvés par le contexte économique. Nous avons une collaboration exceptionnelle avec la Sûreté du Québec qui parvient très souvent à les arrêter. C'est rendu au tribunal que ça fait défaut. On remet les voleurs en liberté provisoire et ils recommencent dès le lendemain. La vague de vol est l'effet d'un système judiciaire bonbon», opine le VP d'Artic Béluga.
85% des installations de l'usine toujours en place
Actuellement, seulement 15% des installations de l'ancienne usine Belgo ont été démantelés. Recyclage Artic Béluga en est toujours à l'étape de la vente des principaux équipements.
«Nous avons vendu des convoyeurs, un système de fabrication de pâtes, des pompes, des charriots élévateurs, des systèmes électriques, du filage, des tuyaux en aciers inoxydables et une foule de petits accessoires. Il s'en vend presque tous les jours. Notre but, c'est de vendre le plus d'équipements complets possible.»
Rappelons que quelques équipements de pâtes et papiers ont été vendus à la multinationale Cascades qui a complété le démantèlement mardi.

