Pour lui, le manque de ressources humaines et de supervision expliquait en partie la corruption de fonctionnaires, comme Gilles Surprenant qui a témoigné plus tôt ce mois-ci.
« Tout le monde qui était là savait que ce qu’on faisait n’était pas correct », a-t-il lancé, racontant que dans les tournois de golf, les entrepreneurs et les fonctionnaires parlaient ouvertement de collusion et de corruption. Une corruption pas si cachée, selon M. Leclerc. « Personne n’a pris le taureau par les cornes. »
M. Leclerc a parlé de son « expertise » pour truquer les faux extras, estimant qu’il pourrait difficilement aujourd’hui mettre le doigt sur les réclamations faussées.
Dans un contrat sur la rue Saint-Denis, il a facturé aux contribuables montréalais du béton dont les frais auraient dû être assumés par l’entrepreneur d’Infrabec, Lino Zambito qui avait fait une erreur dans la construction d’un égout.
Il a ainsi expliqué la nécessité de factures pour gonfler les coûts : « Je travaille avec les réclamations, je peux leur donner un petit coup de main à l’occasion, mais je ne peux pas inventer. Ça me prend de la matière. »
Culture d’entrepriseL’ex-fonctionnaire est revenu sur ses premières années à la Ville en 1990, où il a commencé à recevoir des cadeaux des entrepreneurs dans le temps des fêtes.
« Mes collègues m’ont dit, prends ton manteau, on s’en va dehors. Ils ont déchargé un camion rempli de panier-cadeau, rempli de bouteilles de vins et d’autres douceurs », a-t-il expliqué.
Il a eu l’impression que c’était coutume. « Ça faisait des générations que c’était comme ça », a-t-il dit. Il n’avait donc aucun remords à diner et jouer au golf avec les entrepreneurs à leur frais.
Ces pratiques se sont terminées autour de 2009 lors de la mise sur pied du code d’éthique de la Ville, en réaction à l’escouade Marteau.
Les fonctionnaires auraient estimé que leurs emplois étaient en péril s’ils continuaient à recevoir des cadeaux ou à aller diner avec leurs entrepreneurs, à leurs frais.
Noël 2008 était le dernier où les fonctionnaires ont reçu des paniers.
SpéculationsIl est aussi revenu sur les allégations de Gilles Surprenant qui avait raconté que Robert Marcil, le directeur des travaux à la Ville, avait appelé Nicolo Milioto, de Mivela Construction, pour l’informer que c’était à son tour de collecter.
Luc Leclerc a confirmé qu’un appel entre M. Milioto avait bien eu lieu, mais qu’il ignorait le contenu.
« M. Surprenant et moi, on spéculait souvent, a-t-il raconté. Surprenant avait sa théorie que Marcil voulait nous tasser. »


