Dans cette dernière colonne, il faudra certainement inscrire le nom du Ralliement Municipal (RM), la formation politique mise sur pied par Claude Villemure.
Tout d’abord, personne n’est dupe de la victoire de son seul candidat, Bernard Cayouette, dans le district des Boisés. Le résultat aurait été le même si l’ex-maire de Lac-à-la-Tortue s’était présenté comme candidat indépendant.
Ailleurs, les résultats sont sans pitié. Dans tous les districts où plus de deux candidats se faisaient la lutte, aucun membre du RM n’a pu faire mieux qu’une troisième place, exception faite de Marc Lafrenière, dans le district du Rocher. La règle s’est même appliquée au chef Claude Villemure qui a à peine récolté en moyenne l’appui d’un électeur sur six.
Pourtant au printemps dernier, le RM avait fière allure en présentant ses candidats devant la presse régionale. Des noms bien établis pour la plupart dans leur district, ou à tout le moins sur le plan de la réputation.
Alors, qu’est-ce qui a cloché? Première règle en politique: il ne suffit pas d’être connu pour obtenir la confiance des électeurs. Un travail incessant sur le terrain en campagne électorale vaut mieux souvent qu’une certaine notoriété publique.
Mais là où Claude Villemure a peut-être erré dans le choix de ses candidats, c’est que la majorité d’entre eux avait été impliquée, parfois de près, parfois de loin, dans des batailles menées contre l’administration Landry.
Du Ralliement Municipal, le parti s’est transformé en celui du Ressentiment Municipal. Si la mairesse sortante avait été candidate, sans doute que l’étoile de Claude Villemure aurait plus brillé, car un à un, tous ses candidats auraient pu rendre compte publiquement des griefs qu’ils entretenaient par rapport à l’administration municipale.
Le RM s’est donc présenté à la guerre équipé pour faire face à un adversaire qui avait déserté. Pour compenser, il aurait donc fallu que le parti se distingue par son programme électoral.
Or, celui-ci avait le défaut de présenter plusieurs idées sans toutefois fournir de détails sur la manière dont elles pourraient être appliquées sur le terrain. Sa position dans le dossier sur l’eau potable est symptomatique de cette faiblesse qui a été récurrente tout au long de la campagne.
Entre un candidat qui propose l’abolition des frais de 50$ pour les permis de déneigement et un autre qui veut éduquer le citoyen à une consommation responsable de l’eau potable, le choix est facile diront certains.
C’est ce sens pratique qui a fait défaut chez Claude Villemure dans les dernières semaines.
Il faudra voir ce qu’il adviendra maintenant du RM. Déjà, Bernard Cayouette a avisé qu’il était redevable avant tout à ses électeurs et non plus au parti. C’était l’évidence même.
En fait, pour qu’une formation politique puisse établir un rapport de force dans un conseil municipal, il faut minimalement qu’un noyau de ses candidats remporte la victoire. Si cette exigence n’est pas remplie, l’élection du chef à la mairie devient incontournable afin que le parti puisse survivre.
Puisque ni l’une, ni l’autre des conditions ne sont au rendez-vous, l’avenir du RM semble sombre en attendant la prochaine bataille en 2013.
- COMMENTAIRE - Le Ressentiment Municipal
À mesure que la poussière retombera dans les prochaines semaines, on verra mieux ce qui a marché et ce qui a cafouillé dans la dernière campagne électorale municipale.
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