Organisée par Solidarité rurale du Québec (SRQ), cette grande rencontre a débouché sur ce qui sera désormais présenté comme la Déclaration de Shawinigan dans laquelle les milieux ruraux et urbains s'engagent à poursuivre leur mobilisation sur l'avenir des territoires et à travailler ensemble à arrimer leurs actions et leurs engagements.
Présentant leur collaboration comme le début d'une nouvelle ère, les ruraux et les urbains entendent également demander au gouvernement à ce qu'il s'engage à mettre en œuvre un plan d'action concerté sur le développement des territoires qui s'appuie sur la vision et les principes inscrits dans la Déclaration de Shawinigan.
Parmi les principes évoqués, on parle de solidarité entre toutes les communautés; d'équité dans l'accès aux services et au partage des ressources; de prise en charge du développement par les milieux; d'adapter les actions aux réalités des territoires; de diversifier les bases économiques des territoires; de préservation de la ressource et de la biodiversité; et de l'éducation comme facteur d'épanouissement des communautés.
Pour la Fédération québécoise des municipalités représentée par son président Bernard Généreux, ça veut dire par exemple le versement de redevance sur l'exploitation des ressources naturelles ou l'accessibilité à Internet haute vitesse partout sur le territoire.
Président d'honneur de cette conférence, l'ex-maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, a souligné que «l'avenir des régions passe par la mobilisation mais aussi par un rapprochement entre les milieux ruraux et urbains.»
La prochaine étape pour SRQ consistera à déposer en juin un avis au gouvernement du Québec qui s'appuiera sur le consensus développé autour de la Déclaration de Shawinigan. À propos du gouvernement Charest qui n'avait délégué aucun représentant à la rencontre en dépit de plusieurs invitations, la présidente de SRQ, Claire Bolduc, a mentionné qu'il s'agissait du «grand absent» de la conférence, précisant que SRQ était en lien direct avec une quinzaine de ministères à Québec et qu'il agissait même comme instance-conseil auprès du gouvernement.
Jean-Paul L'Allier a cependant minimiser cette chaise vide, soulignant que la coalition d'organismes présente à Shawinigan était assez autonome pour discuter sans la présence des autorités gouvernementales: «Quand le gouvernement va percevoir des valeurs gagnantes dans notre travail, ne craignez rien, il va venir tout seul et rapidement.»

