Selon l’opposition officielle, cet amalgame de la ministre est inacceptable. Les élus péquistes ont d’ailleurs demandé à plusieurs reprises à la responsable aussi du dossier de la langue de s’excuser pour ses propos, qui visaient notamment le conteur Fred Pellerin.
Diviser pour régner
Pauline Marois a déploré «qu’un de nos artistes les plus réputés» ait goûté à la rhétorique «dangereuse et indigne» de la ministre sur le port du carré rouge. «Pour des fins purement électorales, le gouvernement, le premier ministre en tête, a divisé les Québécois entre les bons et les méchants. Ceux qui s’opposent à la hausse draconienne des frais de scolarité, une opinion qui est tout à fait légitime et qui est sensée, sont devenus, dans la bouche de la ministre de la Culture, des violents et des intimidateurs.»
Cette déclaration a complètement discrédité la ministre, selon le député Maka Kotto. «La ministre de la Culture a foulé au pied les valeurs de la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique au profit des lignes de parti de presse. La semaine dernière, elle a perdu le peu de crédibilité qui lui restait», a-t-il tranché.
Défendre les libertés
Prenant la parole à la suite de ses collègues, le leader péquiste Stéphane Bédard a rappelé les responsabilités des élus sur la question des libertés fondamentales. «La liberté d’expression et la liberté d’association, ce ne sont pas des libertés auxquelles il faut croire. Ce sont des libertés auxquelles tous ceux et celles qui sont ici, nous sommes engagés à défendre. La ministre les a foulées, elle a attaqué la liberté d’expression de beaucoup d’artistes, beaucoup de Québécois et beaucoup de jeunes.»
Citant au passage le chroniqueur Patrick Lagacé, le député a soutenu qu’associer tous les carrés rouges à la violence est une généralité injustifiable. «C’est gros, c’est énorme, c’est stupide, c’est trop. C’est comme dire que tous les membres du PLQ se promènent avec la carte de crédit corporative d’un donateur du parti.»
Inadmissibles
Sans retirer ses paroles, Christine St-Pierre les a cependant précisées. Rectifiant le tir, elle a expliqué qu’elle souhaitait dénoncer les «façons de faire inadmissibles» avec ses commentaires sur le carré rouge.
«Nous croyons tous à la liberté d’expression dans une société libre et démocratique, ce sont des valeurs que tous les Québécois partagent. Mais nous avons tous vu qu’il y a eu des manifestations d’étudiants qui, parfois, ont conduit à des scènes tout à fait disgracieuses, des scènes d’intimidation, des scènes dont les médias ont été témoins et des images qui ont été rapportées sur tous les écrans de télévision. Ces façons de faire sont inadmissibles et c’est ce que j’ai voulu exprimer lorsque j’ai parlé du carré rouge.»
SOURCE: Le Courrier Parlementaire

