«Les gens du comté ne me connaissent pas beaucoup, car je n’ai pas fait campagne électorale ici», déclare d’entrée de jeu Lise St-Denis. Ayant peu abordé jusqu’ici le sujet du cancer qui est sa réalité, la députée a expliqué avoir agi ainsi par orgueil. «Je le niais un peu et je ne voulais pas mêler les choses, mais ce ne fut jamais un acte hautain de ma part», s’est défendu Mme St-Denis sachant visiblement que ses décisions ont souvent fait l’objet de critique de part et d’autre.
«Je me suis dit que les gens avaient le droit de savoir pourquoi j’habite à Montréal. Ce n’est pas que je n’aime pas la circonscription, loin de là, c’est que lorsqu’on a le cancer et qu’on habite seule… Vous savez, lorsque je termine mes traitements à Montréal, je dois retourner à la maison ensuite. Je n’ai pas de mari, pas d’enfant, je n’ai personne. Je ne m’en plains pas, mais je dois trouver des solutions qui correspondent à ma situation», a affirmé la députée libérale.
Parlant de la maladie comme d’une annonce pour le moins pénible et engendrant la réflexion, Mme St-Denis se dit prête à lutter et à combattre. «Tous ceux qui ont eu un diagnostic de cancer savent que le nom de cette maladie fait référence à une mort certaine. La mort est une possibilité et ça change votre vie», mentionne-t-elle.
La députée et le comté : une même lutte ?Faisant le parallèle entre les défis et luttes des citoyens de la circonscription de Saint-Maurice et sa lutte contre la maladie, la septuagénaire déclare que «sa lutte à elle, c’est le cancer». «Les gens peuvent faire face à une lutte contre la maladie, oui, mais ce fut beaucoup aussi une lutte à l’emploi comme l’histoire le démontre». Faisant allusion aux nombreuses fermetures d’usines de la région, elle souligne que les gens ont dû se prendre en main pour trouver des solutions.
En ce sens, Mme St-Denis estime que le réaménagement de ces personnes sans emploi peut être rapproché à son propre changement de situation, une fois la maladie annoncée. «C’est dans un autre propos, mais la situation demeure semblable».
De même, la dame mentionne avoir agi dans les intérêts des citoyens du comté en se battant pour le maintien du centre fiscal de Shawinigan et le maintien du service postal. «Je me suis dit, oh non ! Pas encore des pertes d’emplois et, malgré les inquiétudes, il n’y en a pas eu de coupures au bout du compte», rappelle la députée. À savoir si ce sont les interventions de son équipe qui ont mené à un tel résultat au Parlement, Mme St-Denis se garde une réserve. Elle déclare cependant que «ça a sûrement dû aider le dossier».
Local de La Tuque : «Un problème réglé»À savoir si le point de service du comté de Saint-Maurice à La Tuque allait fermer, Lise St-Denis répond de façon catégorique : «Non !». Pour des raisons d’emplacement, le bureau de comté devra toutefois se déplacer à Ste-Geneviève-de-Batiscan. «La raison est la suivante, Services Canada veut agrandir ses locaux et, par conséquent, le locateur nous a demandé de changer notre emplacement. Puisque les résidents de La Tuque se présentaient rarement au point de service de leur ville, nous avons cru qu’il s’agissait d’une solution intéressante de fermer ce point de service et d’en ouvrir un ailleurs. Quelque part où les gens seraient davantage portés à se présenter».
Alors, pourquoi s’être départi des biens de son bureau de La Tuque auprès d’un organisme communautaire du coin si l’idée de fermer ce point de service n’a jamais été considérée ? «C’est simplement, car ça nous revenait moins cher de donner ces meubles que de payer pour les entreposer et les déménager ensuite», mentionne la députée.
Enfin, pour ce qui est des vives critiques de son homologue libéral, Yves Tousignant, Mme St-Denis ne sait quoi penser puisqu’elle dit ne pas avoir reçu la lettre qu’il a signalé lui avoir envoyée. M. Tousignant a sommé plus tôt cette semaine la députée de Saint-Maurice de bien vouloir quitter les Libéraux et s’afficher en tant qu’indépendante ou bien démissionner. «Je n’ai reçu aucune lettre de M. Tousignant faisant mention de ces demandes, donc je ne peux y répondre. Je sais qu’il m’a critiquée publiquement et c’est son droit, mais il faut se poser des questions sur ce qui le pousse à émettre de telles critiques et à le faire avec agressivité», a déclaré la principale intéressée.
À noter que le candidat libéral défait dans Saint-Maurice lors des dernières élections fédérales a également envoyé une lettre faisant mention «du malaise qui règne à La Tuque» à Bob Rae, le chef du Parti Libéral.


