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Un bénéfice de l’affaire Rahim Jaffer

Richard Cléroux
Publié le 30 Septembre 2010
Publié le 5 Octobre 2010
Richard Cléroux  RSS Feed
L'Étoile du Lac

Rahim Jaffer, ça vous dit quelque chose? C’est l’ancien député conservateur d’Edmonton, colporteur de panneaux solaires au gouvernement de Stephen Harper.

Sujets :
Green Power Generation , Chambre des communes , Ottawa

On lui reproché trop de copinage dernièrement, comme dans le temps des libéraux et leurs commandites.

Jaffer aura à se défendre de nouveau devant un comité des Communes cet automne.  On en a pas entendu la fin.

Jaffer a le scandale aux trousses, faut-il croire.

Mais le vrai scandale n’avait rien à faire avec la cocaïne dans ses poches de veston lorsque la police l’a arrêté le printemps dernier.

Ni le fait qu’il roulait bien au-dessus de 100 kilomètres à l’heure dans une zone de 60.  Ni le fait que selon la police ait il avait les facultés affaiblies par l’alcool. 

Le vrai scandale c’est que Jaffer se promenait allègrement d’un bureau de ministre à l’autre – parmi ses anciens amis -  pour  leur vendre 100 millions $ de panneaux solaires de sa compagnie Green Power Generation.

Selon la Loi sur les lobbyistes à Ottawa, un ancien député ne peut pas faire de démarchage avant cinq ans après son départ de la Chambre des communes.

Cela n’a pas arrêté Jaffer. Il n’avait pas pris la peine de s’inscrire comme lobbyiste. Il était simplement un ami en visite… dans un cabinet de ministre, et un autre, et un autre. Rien de moins. 

Même lorsqu’il se servait du bureau parlementaire de son épouse, l’ancienne ministre Helena Guergis maintenant députée indépendante?

L’histoire complète du scandale sortira cet automne devant le  comité parlementaire.  On prévoit que le gouvernement de Stephen Harper tentera de boycotter les audiences.  Déjà les conservateurs de Harper ont défendu à leur personnel politique de témoigner devant le comité de peur qu’ils vendent la mèche. 

Mais il y une lueur d’intégrité dans cette affaire sombre.

Harper présentera un projet de loi cet automne qui obligera les lobbyistes à déclarer les noms des ministres qu’ils rencontrent et la date de leur visite.

Ces sont des bonnes nouvelles.

Harper avait promis avant en 2006 d’assainir les mœurs politiques à Ottawa et d’imposer des lois sévères contre les abus des lobbyistes.

Seulement quatre ans en retard. Mieux vaut en tard que jamais.

Mais il y a un hic dans le projet cependant. Les ministres conservateurs ne seront pas tenus de déclarer les noms et dates de rencontre de leurs réunions avec les lobbyistes. 

Les lobbyistes doivent déclarer, mais pas les ministres.

Ce qui veut dire que si un monsieur « lobbyiste » visite un ministre pour lui vendre des panneaux solaires, et que le monsieur « lobbyiste » ne déclare pas le nom du ministre, ni la date de la rencontre, et que le ministre ne l’est pas obligé en loi de le faire, on ne saura jamais que la visite a eu lieu.

Rien n’a vraiment changé.

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