Les trois premiers vins suggérés ont séjourné plus ou moins longtemps dans différentes sortes de chêne. Quant au dernier, il n’a connu qu’un « séjour oxydatif » sans vraiment rien retirer de ce contact.
Meursault blanc Sous La Velle 2006, Domaine Michelot, France, 50,75 $, 00716472Dans une de mes premières lectures sur le vin (le guide de Raymond Dumay), on disait ceci : « Qui boit du meursault ne vit ni ne meurt saut! ». Qui dit mieux! Nous pourrions ajouter: « Qui veut acheter du meursault, voyant le prix, fera le saut! ». Mais la munificence d’un meursault comme celui-ci est unique. Et je n’exagère pas! Remarquez d’abord ce nez particulier aux grands blancs de la Côte-de-Beaune, avec ses arômes de poire, de noisette et, comme on peut le lire dans SAQ.com, de sésame grillé. Ensuite, cette bouche en apparence très régulière comme celle d’un très bon mâcon mais qui se termine par une ineffable finale apparaissant plusieurs secondes après la déglutition. Impossible de trouver cette grâce, à part quelques très rares exceptions, en dehors de la Bourgogne : une expression patriotique du chardonnay à l’échelle mondiale. Un vin d’atmosphère à servir dans des grandes occasions avec des mets à sa hauteur.
La Vendimia 2008, Rioja, Palacios Remondo, Espagne, 16,80 $, 10360317François Chartier l’avait bien dit : « Ne manquez pas le millésime 2007! » Et il aurait pu en dire autant du 2008. Couleur pas particulièrement sombre mais un nez plus révélateur en raison de ses notes de fruits rouges et d’épices à dessert. La bouche, sans être très concentrée, présente quelque chose de spécial en finale en plus de sa souplesse. Du rarement vu : elle offre une résurgence, une pointe hors de l’ordinaire… on dirait un rappel de girofle sur un mélange de fruits rouges. Voilà, comme pour le Meursault, un autre effet de la barrique. On ne peut que s’incliner devant l’habileté des œnologues de la prestigieuse maison Palacios Remondo.
Carm 2007, Douro, Portugal, 16,60 $, 10540297Carm est l’acronyme de Casa Agricola Roboredo Madeira, une entreprise familiale du Douro portugais. Les cépages en cause sont ceux que l’on retrouve dans l’élaboration du porto : tinta roriz, touriga nacional et franca. Dans un manteau sombre, ce gaillard a de l’étoffe, pas nécessairement celle du pays… elle est un tantinet plus épaisse. Il présente aussi un parfum de fruits noirs avec un rappel en finale de cerise, de figue et de vanille un peu hors de l’ordinaire. Serait-ce en raison de l’utilisation, même partielle, de la barrique américaine dans l’affinement de cette cuvée?
Vitiano 2007, Umbria, Falesco, Italie, 15,45 $, 00466029Cette entreprise (azienda) fondée par les frères Cotarella est située dans la commune de Montefiascone dans le Latium, tout près de l’Ombrie et de la commune de Montecchio d’où provient d’ailleurs cet assemblage à parts égales de merlot, de cabernet sauvignon et de sangiovese. Nez plutôt sobre de violette, de sous bois. Le Vitiano est un exercice de sobriété, de classicisme avec ce qu’il faut de matière, de typicité et bien sûr d’équilibre pour en faire un bien bon achat. Par son bouquet rappelant celui du bordeaux, on peut reconnaître une influence très minime du bois dans cette cuvée au demeurant tout de même fort intéressante.

