«Je suis honoré de faire partie des finalistes. Après les Prix littéraires du Gouverneur général, c’est la récompense la plus prestigieuse au Canada», explique Simon Jolivet, qui est maintenant chargé de cours en histoire canadienne à l’Université d’Ottawa. Son livre a été sélectionné parmi quelque 230 ouvrages au Canada. Les trois autres auteurs en lice sont des enseignants universitaires d’expérience. «Ça va être très difficile de gagner, avoue le Grand-Mérois. Mais c’est déjà une médaille pour moi d’être nominé.»
Fils de l’ex-député Jean-Pierre Jolivet, il admet sa surprise d’avoir été sélectionné. Le côté novateur et l’originalité de son sujet, comment les Québécois et les Irlandais du Québec ont perçu l’indépendance de l’Irlande du Nord, ont joué en sa faveur pense-t-il.
L’idée de faire son doctorat sur le sujet lui est venue lorsqu’il est allé travailler les étés de son baccalauréat à Dublin pendant les vacances estivales. «J’ai été frappé par les parallèles qui unissent les Irlandais et les Québécois, raconte-t-il. Beaucoup de Québécois sont des descendants d’Irlandais. Au 19e siècle, près de 12% de la population venait d’Irlande. C’était la deuxième population en importance après les Canadiens français».
Pendant ses recherches universitaires, aucun document en français ne traitait du sujet. Simon Jolivet a dû fouiller dans les archives en Grande-Bretagne et en Irlande afin de dénicher son information. À la suite de ses études, il a décidé d’écrire sur le sujet, une première! Aucun livre en français ne traite de la part irlandaise dans l’identité québécoise.
Son livre, il a pu l’écrire grâce à des subventions de la Fédération canadienne des sciences sociales, qui est le seul organisme à financer la recherche en sciences sociales au Canada.
La cérémonie de remise de prix aura lieu le 30 mars au musée des beaux-arts de Montréal. Le jury est composé de chercheurs de partout au pays. Le gagnant se méritera un prix monétaire de 2500$, mais pour l’auteur de la région, la reconnaissance va au-delà de l’argent : «J’ai déjà écrit ma nomination dans mon cv. Moi qui souhaite devenir enseignant à temps plein à l’université dans mon domaine, cette nomination fait bonne figure à mon dossier. J’en suis très fier», conclut M. Jolivet. À 33 ans, il est l’un des plus jeunes nominés. Son livre a été tiré à 500 exemplaire et depuis mars, 420 d’entre eux ont trouvé preneur. «C’est un livre universitaire, mais il s’adresse bien au public. Je n’aime pas utiliser des mots à mille piastres Mes frères n’aiment pas l’histoire, mais ils ont tout de même compris!», rigole-t-il.
Une idée d’un futur livre lui trotte en tête. Son prochain sujet de recherche pourrait porter sur les Chevaliers de Colomb, fondé par les Irlandais, mais bien implanté dans notre culture francophone.

