Comme une portée musicale
Rappelons qu’un budget de 1 % du projet de rénovation de la Maison de la culture Francis-Brisson, soit 43 175 $, a été réservé pour la réalisation d’une oeuvre d’art conçue spécifiquement pour ce lieu patrimonial, comme le veut la politique. Le projet artistique de Mme Pelletier, résidente de Trois-Rivières, a été retenu par le comité de sélection parmi trois autres projets au printemps dernier.
S’inspirant à la fois de la nature et de l’héritage musical qu’a laissé Francis Brisson pour la région, l’artiste résidant à Trois-Rivières propose au spectateur la découverte d’un lieu où l’oeuvre, par son occupation aérienne dans l’espace, présente un jeu de couleurs qui varient selon le trajet qu’emprunte ce dernier.
Sur le plan métaphorique, l’oeuvre fait appel à la notion de dialogue mariant le «côté nature/côté givré» de toute chose. La notion de transformation, du passage d’un état à un autre est aussi présente. Ainsi, on passe d’un état contemplatif qui culmine à un état d’étonnement dans l’expérience du lieu. Le regardeur marcheur devient de ce fait le témoin d’un spectacle inattendu haut en couleur, au gré de ses allers-retours.
Sur fond neutre et monochrome, l’oeuvre de Mme Pelletier s’harmonise par contraste à l’espace de circulation (le corridor) dont le rythme symétrique du détail architectural laisse entrevoir une allusion à une «portée musicale» où les «notes s’envolent».
Un jeu visuel
Misant sur l’épuration des lignes, des formes, des couleurs et des matériaux employés, l’artiste précise que le spectateur s’y promène d’une entrée à l’autre et c’est en circulant qu’il déclenche «le jeu».
La création déployée dans l’espace appelle à la participation du regardeur marcheur qui, par sa déambulation, déclenche le jeu des couleurs qui parcourent le plafond. Le tout ressemble à une espèce de ruban sinueux qui court et qui rebondit sur les poutres transversales. Un ruban qui traverse joyeusement l’espace et s’éclate, qui explose et devient multitude de petits éléments de verre.
De forme cubique, chaque élément de verre suggère également l’idée d’un pixel qui dessine dans l’espace une trajectoire musicale, colorée et changeante au gré de la lumière du jour ou de la lumière d’appoint lors des soirs de représentation.


