Le Mouvement Action Chômage (MAC) des Chenaux tenait le 5 octobre dernier une conférence de presse dans les locaux de la MRC des Chenaux afin d’informer la population des conséquences que cette réforme aura dans la région.
Intégrée dans le projet de loi omnibus C-38 adopté en juin dernier par le gouvernement conservateur, la réforme du programme d’assurance-emploi resserre la notion d’emploi convenable et catégorise les chômeurs en trois types: fréquent, occasionnel et de longue date.
Ce sont les chômeurs dit fréquents et occasionnels, souvent des travailleurs saisonniers ou à contrat, qui feront les frais des modifications à la loi. Essentiellement, ceux-ci seront dorénavant contraints d’accepter n’importe quel emploi, situé dans un rayon de 100 km ou d’une heure de route en automobile, pour lequel ils possèdent des qualifications. Du moment que le nouvel emploi offrirait 70% de salaire que le chômeur percevait lorsqu’il travaillait, il serait tenu de l’accepter à défaut de quoi, il pourrait être pénalisé.
«Ce sont des changements lourds de conséquence et qui vont à l’encontre de la notion de liberté de travail», s’insurge Pierre Blanchet, coordonnateur par intérim du MAC des Chenaux.
Selon lui, il y a tout lieu de s’inquiéter pour les travailleurs et les employeurs œuvrant dans les domaines agricole, de la forêt et du milieu communautaire, trois secteurs bien présents dans la région de Mékinac et Des Chenaux et qui emploient généralement des travailleurs saisonniers ou contractuels.
Propriétaire de l’entreprise Le Maraîcher de Batiscan, Olivier Leblanc n’hésite pas à affirmer que «cette réforme pourrait amener plusieurs de mes employés à quitter leur emploi. Ces mesures sont contre-productives.» Ce projet de loi croit-il incitera la main d’œuvre saisonnière à s’exiler dans les milieux urbains à la recherche d’un emploi stable. Seulement dans la MRC des Chenaux, on dénombre environ 400 entreprises agricoles qui procurent de l’emploi à plus 1500 travailleurs, propriétaires et employés inclus.
Pour le MAC des Chenaux, cela pourrait entraîner une dévitalisation pouvant aller jusqu’à la fermeture de villages. «Potentiellement, il y a une perte d’expertise et d’expérience qui est en jeu si cette réforme est mise en application», prévient Pierre Blanchet. Présent lors du point de presse, le préfet de la MRC des Chenaux, Gérard Bruneau, a fait écho à ces craintes.
Dans ce contexte, le MAC des Chenaux ainsi que autres MAC à travers le Québec ont mis en ligne une pétition demandant de respecter la liberté de travail à laquelle tous ont droit et l’abandon de la notion d’emploi convenable qui est trop coercitive.
Au moment d’écrire ces lignes, plus de 300 noms avaient été recueillis localement. Cette pétition sera remise sous peu à la députée fédérale de Saint-Maurice/Champlain, Lise St-Denis, qui s’est engagée à la déposer à la Chambre des communes. Parallèlement, le MAC des Chenaux participera à une manifestation pour dénoncer cette réforme le samedi 27 octobre à Thetford Mines devant les bureaux du ministre de l’Industrie et député fédéral de Mégantic-L’Érable, Christian Paradis.


