Il y a quelques années, le gouvernement chinois a pris la décision de développer un vaste réseau de 42 lignes de trains à haute vitesse; il considère que ce réseau constituera pour les années à venir une des locomotives de son développement économique.
Le plan consiste en la mise en place de 8 000 km de voies ferrées pour y faire circuler des trains de passagers filant à 350 km/h; également 5 000 km de voies pour des trains de marchandise roulant à 185 km/h
Quand il a été formulé pour la première fois, le projet prévoyait le parachèvement des travaux pour l’année 2020. Mais quand la crise financière a frappé, suivie de la récession, le gouvernement chinois a devancé l’échéance à 2012. Il a avancé 100 milliards US$ pour accélérer les travaux.
Bien entendu, un tel projet provoque la création de milliers et de milliers d’emplois. Mais il y a beaucoup plus; ce qui est en jeu, c’est le gigantesque marché d’exportation qui s’ouvrira à ceux qui auront développé l’expertise.
Cela n’a pas échappé au Président Obama. Il s’est rendu récemment à Orlando pour annoncer le soutien de son gouvernement à la construction d’une liaison ferroviaire rapide entre cette ville et Tampa en Floride; il en a profité pour faire remarquer que si son pays ne se grouillait pas, il risquait d’être distancé sur ce marché, et par l’Europe et par l’Asie.
De tous les pays qui ont élaboré des plans pour faire face à la récession, la Chine est un de ceux qui ont le plus investi dans l’économie verte : 34% de toutes les sommes contre à peine 8% pour le Canada. Elle cherche à contrer les effets de la crise tout en diminuant son impact sur l’environnement ainsi qu’à se positionner pour conquérir le marché international des technologies vertes.
Le gouvernement du Canada fait très peu en ce sens et compromet donc tout un pan de notre avenir économique ainsi que notre environnement. Il consacre 1milliard $/année en aide aux géants richissimes des sables bitumineux; pourquoi ne pas investir ces sommes dans un TGV Québec Windsor?
Steven Guilbeault

