Il était en mesure par exemple d'être député à l'Assemblée nationale et maire d'une municipalité. L'exemple le plus près de chez nous – et pas si lointain – est très certainement celui de Maurice Bellemare.
Celui qu'on surnommait le Vieux lion a agi comme maire de Saint-Jean-des-Piles de 1954 à 1957 et de 1968 à 1970. Durant les deux termes, M. Bellemare siégeait également à Québec à titre de député de Champlain, sous les couleurs de l'Union Nationale. Mentionnons de plus que lors de son deuxième passage comme maire de son village, il agissait en même temps comme ministre du Travail et de la Main-d'œuvre dans le gouvernement de Jean-Jacques Bertrand. Un beau cas de conflit d'intérêts dans l'hypothèse où les employés municipaux avaient décidé de débrayer.
Alors, lorsque Ronald St-Onge Lynch laisse entrevoir qu'il n'y a pas de problème à œuvrer dans deux campagnes électorales simultanément – fédérale et municipale –, que faut-il en penser?
M. St Onge Lynch, au cas où vous ne le sauriez pas, les choses ont bien évolué en 40 ans et pour le mieux!
Légalement, la chose est réalisable; légitimement, elle ne passe pas la rampe; et en terme de profondeur de contenu, elle n'est pas sérieuse.
Il y a tout d'abord la charge du maire et des conseillers qui a considérablement changé. Le principal souci du maire de Saint-Jean-des-Piles à l'hiver 1969 devait sans doute de veiller à ce que la rue Principale soit bien dégagée et que les ordures aient été ramassées la bonne journée. De bien minces préoccupations en regard de la charge d'un échevin à Shawinigan en 2009. Et là, je ne parle même pas de la fonction de maire de la ville?
Et puis, il y a la légitimité. Là, M. St-Onge Lynch est tout simplement sur la voie d'accotement. Où bien on tente sa chance au municipal, ou bien on le fait au fédéral. Pas les deux svp? Une élection n'est pas une loterie et le poste convoité, une offre d'emploi.
Il existe de nombreux cas où un maire ou un conseiller municipal présente sa candidature sur la scène provinciale ou fédérale. Bien qu'il continue généralement à être rémunéré pour sa fonction, il délaisse temporairement ses tâches pour se consacrer à sa campagne. Ce fut le cas au printemps 2007 lorsque la conseillère France Beaulieu a tenté sa chance avec les libéraux de Jean Charest. Défaite, elle a repris son poste de conseillère immédiatement après le scrutin.
Soulignons qu'à chaque fois que ces circonstances surviennent, les murmures se font entendre. La loi devrait-elle obliger les élus à démissionner de leur poste lorsqu'il en convoite un autre? Beaucoup de gens croient que oui, mais elle ne le fait pas. Mais avouons que celui qui se soumettrait volontairement à cette loi non écrite contribuerait certainement à rehausser l'image des politiciens.
Et ce n'est certainement pas ce que fait Ronald St-Onge Lynch en présentant aujourd'hui sa candidature à la mairie de Shawinigan, tout en n’excluant pas d'être candidat indépendant lors de la probable élection fédérale cet automne. Et dans la litanie de ses explications et promesses, il confie sa sympathie pour la candidature de Claude Villemure, également en lice pour le poste de maire.
Au fait M. St-Onge Lynch, c'est pour quand votre candidature aux prochaines élections scolaires?

