Il aurait été injuste pour elle et contre-productif pour Shawinigan qu'elle tente de prolonger sa carrière d'un autre mandat.
Contre-productif parce que le niveau de contestation à son égard a atteint ces derniers mois un niveau inégalé et bien qu'elle ait déjà eu à y faire face dans le passé, le phénomène cette fois-ci ne semblait pas en voie de s'éteindre. Loin de là.
Injuste aussi parce Lise Landry administre avec les qualités de ses défauts. Son obsession à prendre des décisions consensuelles a certainement contribué à éviter d'égratigner les susceptibilités de tous et chacun, mais en même temps, ce trait de personnalité est directement à l'origine de la tournure négative et dramatique qu'ont pris certains dossiers.
Il y a huit ans, lors de la première élection de la nouvelle Ville de Shawinigan, Lise Landry était la candidate toute désignée pour mener à bien cette délicate opération de marier sept anciennes municipalités. Une fusion forcée faut-il le rappeler que certains ont encore au travers la gorge. Ce qui ne facilite rien pour les élus en poste.
Lors du deuxième scrutin il y a quatre ans, son leadership commençait déjà à être contesté mais la faiblesse de ses adversaires a finalement joué en sa faveur. Elle aurait pu profiter de cet ultime mandat pour transformer radicalement la fonction de maire de Shawinigan en assumant pleinement des décisions difficiles mais nécessaires. Une façon de tourner définitivement la page sur les fusions comme Trois-Rivières l'a brillamment réussi dès le premier mandat.
Mais le naturel de la mairesse n'est jamais très loin et sa propension à ménager la chèvre et le chou a de nouveau été érigée en bulle papale durant quatre ans.
Enfin en 2009, la possibilité qu'elle se faufile parmi les cinq autres candidats n'était pas à écarter. Mais compte tenu de sa situation familiale qu'elle assume avec aplomb et de façon exemplaire – son époux souffre de la maladie d'Alzheimer – c'est une Lise Landry affaiblie qui aurait été placée à la tête de la Ville, avec en prime, l'incertitude de pouvoir terminer son mandat.
Mais c'est également une sage décision pour la suite de la campagne électorale. Cette fois-ci, plus de faux-fuyants pour les candidats. On ne le criait surtout pas mais la possibilité que la mairesse revienne solliciter un ultime mandat faisait bien l'affaire de certains de ses adversaires.
Critiquer les décisions de l'administration Landry chez ces derniers a constitué ces derniers mois un bel écran de fumée pour masquer la pauvreté des idées de son propre camp.
La fumée est maintenant dissipée; aux candidats maintenant à mettre cartes sur table…

