Et bien, Le temps de l'action, vous en conviendrez, est encore un sujet très d'actualité en novembre 2009.
Les résultats enregistrés dimanche parlent beaucoup d'eux-mêmes à propos de la personnalité des électeurs shawiniganais. Ceux-ci ont élu le plus conservateur des trois candidats à la mairie, ont reporté au pouvoir deux conseillers sortants (Alain Lord et Josette Allard-Gignac) sur une possibilité de quatre et finalement, ont donné leur confiance à quatre anciens élus municipaux (Bernard Cayouette, Serge Aubry, Lucie de Bons et Jean-Yves Tremblay).
Yves Duhaime n'aura jamais si bien dit, lui qui déclarait à propos du nouveau maire: «Le changement dans la continuité ou la continuité dans le changement.» Pour mon propos, c'est à l'endroit de l'ensemble du nouveau conseil que j'emprunte la description de M. Duhaime.
Les électeurs shawiniganais sont-ils frileux au changement? Ils ont en tout cas démontré leurs appréhensions vis-à-vis des candidats charismatiques – mais à la limite despotiques par moment – à la Régis Labeaume (Québec), Jean Tremblay (Saguenay) et Yves Lévesque (Trois-Rivières).
Malgré ce portrait qui semble vouloir dire Plus qu'hier, moins que demain, Shawinigan a tout de même besoin d'une nouvelle direction, d'un coup de barre. Ça, c'est incontournable.
En campagne comme il est de bon ton, ses deux adversaires l'ont démonisé en le décrivant comme le candidat de la continuité, de l'establishment, du discours creux, du loup (CSN) dans la bergerie. Michel Angers n'est évidemment pas spécifiquement ça mais il n'est pas non plus le leader proposant un virage à 180 degrés, un projet porteur pour l'ensemble de la communauté.
Son langage est très corporatif. Il parle à s'assiété de structures, de concertation, de consultations. On aimera son côté diplomate pourvu qu'il ne nous enferme pas dans l'indécision.
Mais avant de confiner Michel Angers à une image qu'on lui a accolée dans le dernier mois, il faudra lui donner la chance de faire ses preuves. La forte majorité qu'il a obtenue sur ses adversaires lui procure cette période de grâces. Mais déjà, dans le dossier de l'eau potable, lui qui en campagne clamait que l'affaire avait trop traîné et que la proposition de Québec devait être acceptée, le nouveau maire adoucissait déjà sa position le 1er novembre au soir, en proposant d'en discuter avec le nouveau conseil et ensuite, d'informer la population sur les différents enjeux.
Ce dossier sera certainement un bon test pour Michel Angers et sur la nouvelle philosophie qu'il entend instaurer à l'Hôtel de Ville.
On verra bien alors si ses adversaires s'étaient leurrés en le décrivant comme le candidat de la continuité…

