Sa marotte si vous me passez l'expression, c'était les redevances sur l'exploitation des ressources naturelles. Candidat bloquiste, député adéquiste, candidat à la mairie, toutes les tribunes étaient bonnes pour Deschamps pour taper sur le clou des redevances. C'était d'ailleurs le seul clou de sa boîte à outils.
Eh bien, bonne nouvelle pour lui et ses disciples, son discours n'est pas mort en même temps que sa carrière politique.
Les redevances sur l'exploitation des ressources naturelles faisaient notamment partie de la liste des réclamations exigées par la Ville de Shawinigan au gouvernement du Québec au lendemain de l'annonce de la fermeture de la Belgo en novembre 2007. Cette exigence a rapidement été écartée par le ministre Claude Béchard qui craignait en abdiquant de causer un précédent. Tout ce qui est rétroactif peut coûter cher et le gouvernement Charest savait très bien que dire oui à Shawinigan, c'était ouvrir la porte aux Saguenay, Côte-Nord, Gaspésie, etc. qui auraient tour à tour réclamé un traitement similaire.
Son idée n'était pas morte pour autant.J'en veux pour preuve la campagne électorale municipale de l'automne dernier alors que les candidats Yves Duhaime et Claude Villemure n'ont pas hésité, à des degrés divers faut-il le préciser, a surfer sur la marotte à Deschamps. Ce fut d'autant plus facile d'occuper cet espace que le résident du lac des Piles a déclaré forfait en cours de campagne.
Et maintenant? Eh bien, c'est au tour de la Fédération québécoise des municipalités de prendre le bâton du pèlerin de Deschamps.
Dans une série de mesures présentées au ministre québécois des Finances, Raymond Bachand, en prévision du dépôt de son budget le 25 mars prochain, la FQM invite le ministre des Finances à sortir «des vieux modèles de développement où les ressources sont prélevées d'un territoire pour ensuite être transformées ailleurs avec peu ou pas de retombées sur les milieux locaux. Pour ce faire, la FQM propose que des redevances soient versées aux municipalités par les exploitants des différentes ressources naturelles, y compris l'eau embouteillée et la production énergétique. Le contexte y est d'ailleurs particulièrement propice, considérant l'essor du développement éolien, la relance de centrales hydroélectriques et les nouvelles formes d'énergies renouvelables, sans oublier les grandes réformes dans les secteurs de la forêt et des mines. Dans un contexte où les revenus autonomes des municipalités dépendent à près de 70% de l'impôt foncier, les redevances sur les ressources naturelles offrent une opportunité unique de diversifier leurs revenus et de prendre en main leur développement», fait valoir Bernard Généreux, président de la FQM.»
Serait-ce que Robert Deschamps travaille maintenant à la Fédération québécoise des municipalités?
Deschamps, sors de corps!

