Drôle d'idée: il occupait une place à lui tout seul juste à côté. Peut-être y'avait-il trop de soleil qui l'aveuglait. Ou peut-être aussi que la vue est meilleure de mon bord. M'enfin comme dirait Gaston Lagaffe…
Il respire et parle fort. C'est irritant, mais c'est comme ça. J'en prends mon parti et je retourne à mes silencieuses divagations intérieures.
Petit à petit, l'imposant monsieur prend ses aises, envahissant tout autant mon espace vital. Il ne semble pas prendre pour lui mes raclements de gorges répétés, sorte de message codé que toute personne de bonne foi saurait interpréter.
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C'est même tout le contraire. Le type occupe maintenant carrément la majeure partie du banc. Je suis coincé et de temps à autre, je lui envoie un coup de coude pour qu'il comprenne enfin qu'il n'est pas propriétaire foncier de notre environnement commun immédiat.
Rien n'y fait. Décidément, le gros personnage se croit tout permis.
Bon, puisque c'est comme ça. Je me lève et vais m'asseoir sur la banquette libre, tout à côté qu'il avait délaissée plus tôt.
L'exorbitant voisin me dévisage comme si je venais d'accomplir l'innommable.
Ce qui a été stupide, c'est la lente migration de l'International de l'art vocal – renommé FestiVoix en 2008 – dans l'espace qu'occupait le FES à l'origine -
- Non mais, de quel droit Monsieur se permet?, me tance-t-il.
Vous l'aurez deviné, il est dans son cocon intérieur et n'a rien vu du dernier épisode. Qu'à cela ne tienne, j'ai ma banquette à moi et lui, la sienne…
***
«Une décision stupide», dénonce Stéphane Boileau, grand manitou du FestiVoix, à propos de la décision du Festival d'été de Shawinigan (FES) de piétiner sur son calendrier.
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