Non mais, Shawinigan est la Capitale du 7e ciel…
Si jamais les Shawiniganais étaient contraints un jour de boire l'eau du Saint-Maurice et que nous venions à disparaître des écrans radars de ces palmarès, nous saurons alors que les eaux du lac à la Pêche et du lac des Piles recelaient une part de potion magique à laquelle nous avons renoncée.
Il faut en prendre et en laisser dans ce genre de recherche. Après tout, on parle de la même ville où, selon des données de Statistiques Canada dévoilées l'hiver dernier, seulement 4 personnes sur 10 en âge de travailler occupaient un emploi. La pire performance parmi 40 villes canadiennes de même taille.
Alors, lorsque la Ville publie un communiqué se félicitant que «le bonheur est en progression à Shawinigan», il faut comprendre que ce ne sont pas les chômeurs, ni les propriétaires fonciers résidant près de l'eau qui ont été sondés.
Mais en même temps, ce genre de billboard peut constituer un outil intéressant pour une administration municipale. En ce sens qu'il peut contribuer à forger une perception positive de la Ville, autant à l'extérieur que dans ses propres rangs.
Parce que dans l'opinion publique, la frontière est fine entre la réalité et la perception que l'on se fait de cette réalité.
Par exemple depuis 10 ans en Mauricie, Yves Lévesque donne l'image d'un maire TGV, défonceur de portes, charismatique et entrepreneur. Ses projets sont grandioses et font beaucoup de bruits mais combien au fait ont-ils vu le jour jusqu'à présent? On serait étonné de constater le nombre de dossiers dont le financement demeure à régler et qui aujourd'hui, suscitent du mécontentement à Trois-Rivières.
Ici à Shawinigan, le maire Michel Angers n'a pas à imiter la mégalomanie de son confrère trifluvien mais il y a assurément du travail à faire pour améliorer l'image de la Ville, autant à l'interne qu'à l'externe.
Citons ici le maire Lévesque, à propos d'un règlement d'emprunt adopté de justesse concernant le Centre d'interprétation sur l'industrie papetière en Mauricie, qui déclarait à Radio-Canada le 13 avril dernier: «On aurait eu l'air comme Shawinigan. On aurait eu un beau projet, un bel amphithéâtre, et on aurait reçu les gens dans la bouette.»
Voilà pour l'image de Shawinigan à l'extérieur.
En ce sens, le voyage éclair que Michel Angers a effectué à Toronto vendredi dernier pour rencontrer le propriétaire de Doral envoie un message clair sur la façon dont son administration entend gérer à l'avenir son développement économique.
Les résultats de cette rencontre seront peut-être minces, mais au chapitre de la perception dans l'opinion publique, c'est une nouvelle ère qui s'ouvre à Shawinigan.

