Cela en a tout l'air comme le démontre le refus du gouvernement du Québec de céder les droits hydrauliques de la rivière Batiscan à la municipalité qui désirait, en partenariat avec la MRC de Mékinac, y aménager une micro-centrale de 10 mégawatts.
Mon intention ici n'est pas de débattre de la pertinence de construire ou non un barrage sur la rivière Batiscan. Il n'est aussi pas question de justifier ou de dénoncer les motivations du conseil municipal de Notre-Dame-de-Montauban et de la MRC de Mékinac qui ont continué à mousser le projet comme si de rien n'était alors que le ministère des Ressources naturelles leur avait signifié dès le 16 mars dernier qu'il le rejetait.
Non, mon intervention vise à décortiquer la décision de la ministre Nathalie Normandeau de ne pas céder les droits hydrauliques de la rivière parce que le promoteur Hydro-Mékinac n'a pas tenu de consultation populaire avant le dépôt de son projet.
Dans les faits, la ministre était dans ses droits et pouvait très bien écarter un dossier en invoquant ce point, inscrit noir sur blanc dans les appels d'offres d'Hydro-Québec. Mais pour quelqu'un au fait de l'actualité politique, les exemples sont nombreux s'il veut démontrer que Québec n'est pas toujours aussi pointilleux sur les questions environnementales lorsque les questions économiques sont en jeu.
Si aucun projet porteur ne voit le jour dans Mékinac, c'est bientôt elle que les analystes prendront en exemple pour parler de dévitalisation au Québec -
Des projets de barrages, d'autoroutes, de pipeline méthanier. La liste est longue où le gouvernement Charest a court-circuité ses propres organismes afin d'accélérer des projets dont il jugeait que l'importance économique justifiait ces raccourcis. Si Québec avait voulu, il aurait très bien pu lier l'approbation du projet de barrage sur la rivière Batiscan à un vote majoritaire du OUI lors du référendum du 6 juin tenue par la municipalité.
Il ne l'a pas fait parce que ça faisait son affaire.
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