Dans le contexte actuel où le gouvernement Charest se fait clouer au pilori dans l'opinion publique à cause des odeurs de scandales qui l'éclaboussent et de son dernier budget unanimement dénoncé par la classe moyenne, Notre-Dame-de-Montauban représentait un exutoire inespéré.
Le 16 mars dernier, Hydro-Québec a reçu 31 soumissions – dont celle d'Hydro-Mékinac – totalisant 356 mégawatts alors que la société d'État s'est engagée à en accepter jusqu'à une hauteur de 150 mégawatts. En partant de là, ce n'était pas très difficile pour la ministre des Ressources naturelles de sacrifier un projet de 10 mégawatts dans l'espoir de redorer un blason politique quelque peu terni ces derniers mois.
Et puis se faire photographier en compagnie de chevaliers verts de l'environnement, ça fait toujours bonne presse.
Et puis, disons-le, ce n'est pas la première fois que Notre-Dame-de-Montauban se fait jouer un tour du fait qu'elle fait parti du comté de Portneuf et de la MRC de Mékinac – intégrée à la circonscription de Laviolette. Un non-sens administratif qui ouvre la porte à des jeux politiques.
Ce fut évidemment plus facile il y a deux ans lorsque Portneuf était représenté par un député adéquiste et que la députée de Laviolette et ministre des Transports, Julie Boulet, avait transféré le CAAF (contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier) de la scierie du village inopérante à des entreprises de son comté. Le transfert avait alors donné le coup de mort à un projet de relance pour la scierie.
Dans le cas du barrage, bien que représenté aujourd'hui par un député libéral, la municipalité de Notre-Dame-de-Montauban se retrouve malheureusement encore une fois dans le mauvais comté. Pas si sûr que si le député du village avait été membre du conseil des ministres que Nathalie Normandeau aurait joué au paon jeudi dernier à l'Assemblée nationale…
Mékinac est l'une des MRC les plus pauvres de la province de Québec. Quand vient le temps de la comparer, on la met souvent dans la même colonne que les municipaltiés de la Gaspésie. Sauf que celles-ci ont le tourisme pour eux - et l'industrie éolienne depuis quelques années - pour nourrir l'espoir d'un meilleur lendemain.
Si aucun projet porteur ne voit le jour dans Mékinac, c'est bientôt elle que les analystes prendront en exemple pour parler de dévitalisation au Québec…

