Accaparé par mille et un autres dossiers, je n'ai pas pris le temps à l'époque de regarder plus en détail le courriel. Malheur à moi, puisque le lundi suivant, soit le 29 janvier, la presse québécoise, puis par la suite canadienne et mondiale, n'en avait que pour le Code de vie de Hérouxville. Si j'avais flairé la bonne affaire comme mon métier de journaliste me l'enseigne, j'aurais scoopé mes concurrents dans mon édition livrée le samedi 27 janvier. Au lieu de cela, L'Hebdo a évoqué l'"Affaire Hérouxville" le 3 février seulement.
Trois ans et demi plus tard, Bernard Thompson, devenu maire de Hérouxville en novembre dernier, mentionne la possibilité que la municipalité retire son Code de vie, alléguant que les gens ici sont quand même assez fatigués d'entendre parler de ces choses-là.
Il serait plus juste en fait de parler que les Hérouxvillois en ont assez d'incarner aux yeux des Québécois un certain modèle d'intégrisme.
Dans un certain sens, Bernard Thompson doit dompter aujourd'hui une créature qu'il a lui-même contribué à créer. Le petit-fils de J.-Antonio Thompson plaide maintenant que le document initial de 2007 n'a plus beaucoup à voir avec celui d'aujourd'hui, bonifié par son ex-compagnon de route André Drouin, il faut surtout noter le fait que le maire Thompson n'a plus grand-chose non plus en commun avec le citoyen Thompson d'il y a 40 mois.
Provenir ou résider à Hérouxville en 2010, c'est devenu péjoratif d'une certaine façon, car toute une galerie d'images nous vient à l'esprit à l'évocation du nom. Le maire Thompson le constate bien et s'apprête à prendre les mesures pour tenter de corriger le tir.
Une municipalité vit et parle par ses résolutions. Pour les Québécois, le Hérouxville de 2010 est encore celui d'il y a trois ans. Si le conseil municipal en vient un jour à faire table rase de son Code de vie et passer à une autre étape, il ne pourrait avoir une meilleure personne que Bernard Thompson, co-instigateur du document, pour passer le balai.
Ce serait un puissant symbole.

