Dans mes habitudes de consommateur, je suis donc sensible à cette stratégie qui m'a été martelée dans le cerveau en long et en large. Les concessionnaires Audi et BMW n'ont pas de compte à la Gazette populaire, tout comme Le Devoir ne vante pas la Kia Rio dans ses pages. Cela va de soi: leur lecteur modèle n'a pas les moyens pour le premier, ni l'intérêt pour le second pour ces voitures.
Mais mes enseignements m'inquiètent depuis quelque temps.
Ainsi, je constate que les magazines que je lis et les émissions que je regarde me vantent sans cesse des petites pilules pour contrer l'impuissance masculine. Je questionne mes collègues masculins dans la vingtaine et aucun n'y a prêté attention! Gulp…
Alors que j'y réfléchissais au début, j'étais tenté par le déni: les théories enseignées dans les facultés ont été remplacées par de plus efficaces? Le concept du public cible n'est plus d'actualité? On va annoncer dans quelques mois que jamais une campagne publicitaire n'aurait été si mal orchestrée?
Le Viagra, c'est comme une carte de l'âge d'or: ce n'est pas parce qu'on a l'âge d'en recevoir une qu'on en a de besoin… -
Non. La triste réalité, c'est que, même si je n'ai que quelques cheveux gris sur ma tignasse noire, je suis maintenant catalogué par les concepteurs publicitaires comme un consommateur potentiel de Viagra et de Cialis!
C'est déjà difficile à accepter, mais ça devient délicat lorsque je regarde tranquillement en compagnie de ma fille une partie de hockey où, durant la pause publicitaire, une femme entonne à la guitare une ritournelle subliminale répétant que pour elle, rien n'égale le début de soirée.
SUITE EN PAGE 2




