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- COMMENTAIRE – L’occasion ratée

L'usine Belgo de Shawinigan a fermé définitivement ses portes en mars 2008

L'usine Belgo de Shawinigan a fermé définitivement ses portes en mars 2008

Bernard Lepage
Publié le 3 Mars 2011
Publié le 3 Mars 2011
Bernard Lepage  RSS Feed

Le 18 février dernier, voilà déjà trois ans que les cheminées de la Belgo cessaient de cracher de la fumée.

Sujets :
AbitibiBowater , Comité pour l'avenir du site , Ville de Saguenay , La Baie , Saguenay , Port-Alfred

AbitibiBowater aura mis par la suite près de 2 ans pour vendre le site de 350 000 mètres carrés et leurs installations à Recyclage Artic Béluga pour un montant qui n’a jamais été rendu public.

À l’époque, on chuchotait que la papetière avait offert de tout céder pour une somme symbolique à la Ville mais que celle-ci avait refusé parce qu’elle se privait ainsi du revenu des taxes et par la crainte d’hériter d’un site pollué.

Si c’est le cas, ce fut un mauvais calcul car le terrain et les immeubles se sont dépréciés à la vitesse grand V au chapitre foncier (41 millions$ en 2009 à 1,8 millions$ en 2010) et les études environnementales ont révélé que le site était bien moins contaminé qu’on ne l’aurait cru.

L’épisode me revient en mémoire car à La Baie au Saguenay ces jours-ci, où Abitibi-Bowater – Consolidated à l’époque - a également fermé l’usine de Port-Alfred, un regroupement appelé Comité pour l'avenir du site de la Consol (CASC) demande à la papetière de céder son terrain à la Ville de Saguenay.

Tout comme ici à Shawinigan, l’ancienne usine saguenéenne est située en bordure d’une baie: la Baie des Ha! Ha!

Dans une lettre envoyée au pdg d’AbitibiBowater au début de l’année 2011, le président du comité écrit: «Vous admettrez avec nous que chez AbitibiBowater, il y a place à amélioration au plan de la transparence dans les communications, de la sauvegarde de l'environnement et de la responsabilité sociale. Vous avez demandé et obtenu plus souvent qu'à votre tour, via le lobby intensif que vous exercez auprès des gouvernements, de généreux subsides tant fédéraux que provinciaux.»

Autre passage: le CASC rappelle «le rôle et la responsabilité sociale de l'entreprise envers la population qui a le choix de laisser un souvenir relativement acceptable de sa présence dans la région ou de laisser celui d'un exploitant sans remords, d'un fossoyeur d'espoir.»

Avouez qu’elle aurait pu être écrite par un Shawiniganais celle-là?

Trois ans après sa fermeture, le site de la Belgo ressemble à un vieux puzzle dont on a éparpillé les morceaux. Recyclage Artic Béluga a vendu la plupart des équipements ayant une valeur; plusieurs structures ont été démontées et vendues à la ferraille; et enfin, les voleurs de cuivre en ont fait l’un de leurs endroits de prédilection.

On ne saura sans doute jamais si AbitibiBowater a oui ou non offert les installations à la Ville mais dans un cas comme dans l’autre, le conseil municipal de l’époque aurait dû avoir la vigilance d’esprit d’entreprendre des négociations en ce sens.

Depuis la fermeture il y a trois ans, des projets industriels ont été proposés pour revitaliser le site mais sans succès. Rien de bien surprenant puisque les promoteurs ne recevront jamais avec Recyclage Artic Béluga les avantages qu’ils auraient normalement obtenu en négociant avec la Ville.

Une belle occasion ratée.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Laurent
    - 4 Mars 2011 à 02:33:16

    En tout état de cause, le précédent conseil municipal avait une constante : n'avoir ni vision stratégique pour la ville, ni aucune compétence pour tout ce qui a trait à la construction ou à l'immobilier. On se souviendra essentiellement du désastre financier de l'Arena, avec des dépassements budgétaires surréalistes, dont on se demande encore par quel miracle ils ont pu naître et quelle a été l'action (ou l'inaction) des différents ingénieurs conseil payés par la municipalité (car en dépit de leur incurie, ils ont été payés ...). Mais aussi de la (trop) triste affaire de l'Auberge Grand-Mère, qui s'apparente à un scandale qui était prévisible dès le premier jour. Le dossier Belgo est en droite ligne des précédents : vision à très court terme, petit profit immédiat, absence d'anticipation stratégique, perte du sens de l'intérêt général, la liste est encore longue. Le nouveau conseil municipal, énergiquement mené par le Maire, a manifestement apporté un souffle de renouveau nécessaire à stopper l'hémorragie et espérer des lendemains moins désastreux pour la ville, sa population et son patrimoine. Triste héritage toutefois laissé par l'administration Landry que ce site industriel en décrépitude, dont même la reconversion (un temps annoncée) en centre informatique est tombée aux oubliettes.

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