Comme le dit son nom, l’électron libre ne répond à aucune directive, se dirigeant dans toutes les directions, même les plus imprévisibles. Quant au loose canon, l’expression remonte aux pièces d’artillerie amarrées dans les bateaux. Il arrivait alors qu’en pleine attaque, le canon se détachait de ses amarres, tirant ainsi dans toutes les directions, autant dans le camp ennemi que parmi les siens.
Ici parmi les personnalités publiques régionales, André Drouin répond très bien à la description d’un électron libre ou d’un loose canon.
Le cosignataire des Normes de vie de Hérouxville l’a une fois de plus prouvé alors que plusieurs médias du Québec reprennent aujourd’hui ses déclarations comme quoi toute cette opération était préméditée.
Cette réapparition dans l’espace médiatique intervient parce que l’ex-conseiller municipal apparait dans un documentaire intitulé Liberté, égalité, accommodements, de Stefan Nitoslawski.
Comme tout bon brûlot du genre qui se respecte, ce documentaire doit défendre un point de vue. Ici, Nitoslawski soumet l’hypothèse que l’Affaire Hérouxville était un coup monté visant à faire réagir les médias et la classe politique.
Et évidemment, il n’a pas de mal à soutirer des déclarations à André Drouin qui viennent appuyer son propos. Parce que les électrons libres ou les loose canon ont par définition un déficit d’attention à combler, leur cerveau perd toute inhibition à la vue d’un micro ou d’une caméra.
Soyons clair! Évidemment que le Code de vie de Hérouxville a été longuement mûri. Que ses mots ont été minutieusement choisis afin de maximiser leur impact lorsque jetés à la pâture médiatique.
Rien de surprenant à cela. C’était l’objectif de l’opération. En janvier 2007, l’Affaire Hérouxville n’aurait pas eu le retentissement qu’elle a eu au Canada et ailleurs si le document avait été javellisé avec des insinuations et des sous-entendus. Sinon, il n’aurait pas eu plus d’impact qu’une résolution annonçant l’asphaltage du rang Saint-Pierre.
Pour y arriver, il fallait obligatoirement frapper fort en évoquant la lapidation, l’excision, les femmes voilées, la disparition du sapin de Noël, etc.
Alors pourquoi encore ce cirque aujourd’hui? Parce qu’après avoir campé le personnage du défenseur de la culture québécoise sur toutes les tribunes et avec tout le sérieux possible – quitte à se faire ridiculiser sur le plateau de Tout le monde en parle -, voici qu’André Drouin vient camper celui du stratège qui a monté de toutes pièces un canular.
À l’étiquette d’électron libre et de loose canon, il faut maintenant en rajouter une dernière à André Drouin: celle de one hit wonder, vous savez ces groupes qui n’ont eu qu’un succès en carrière.
Il y a toutefois quelque chose de pathétique et triste à assister à ces concerts sans surprises…


