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- COMMENTAIRE – L’électron libre

Le conseiller municipal de Hérouxville, André Drouin.

Le conseiller municipal de Hérouxville, André Drouin.

Bernard Lepage
Publié le 26 Mai 2011
Publié le 26 Mai 2011
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En politique, il existe un trait de caractère qu’on préfère ne pas retrouver dans ses rangs: l’électron libre ou le loose canon. Les deux répondent au même type de comportement: incontrôlable.

Sujets :
Québec , Canada , Rang Saint-Pierre

Comme le dit son nom, l’électron libre ne répond à aucune directive, se dirigeant dans toutes les directions, même les plus imprévisibles. Quant au loose canon, l’expression remonte aux pièces d’artillerie amarrées dans les bateaux. Il arrivait alors qu’en pleine attaque, le canon se détachait de ses amarres, tirant ainsi dans toutes les directions, autant dans le camp ennemi que parmi les siens.

Ici parmi les personnalités publiques régionales, André Drouin répond très bien à la description d’un électron libre ou d’un loose canon.

Le cosignataire des Normes de vie de Hérouxville l’a une fois de plus prouvé alors que plusieurs médias du Québec reprennent aujourd’hui ses déclarations comme quoi toute cette opération était préméditée.

Cette réapparition dans l’espace médiatique intervient parce que l’ex-conseiller municipal apparait dans un documentaire intitulé Liberté, égalité, accommodements, de Stefan Nitoslawski.

Comme tout bon brûlot du genre qui se respecte, ce documentaire doit défendre un point de vue. Ici, Nitoslawski soumet l’hypothèse que l’Affaire Hérouxville était un coup monté visant à faire réagir les médias et la classe politique.

Et évidemment, il n’a pas de mal à soutirer des déclarations à André Drouin qui viennent appuyer son propos. Parce que les électrons libres ou les loose canon ont par définition un déficit d’attention à combler, leur cerveau perd toute inhibition à la vue d’un micro ou d’une caméra.

Soyons clair! Évidemment que le Code de vie de Hérouxville a été longuement mûri. Que ses mots ont été minutieusement choisis afin de maximiser leur impact lorsque jetés à la pâture médiatique.

Rien de surprenant à cela. C’était l’objectif de l’opération. En janvier 2007, l’Affaire Hérouxville n’aurait pas eu le retentissement qu’elle a eu au Canada et ailleurs si le document avait été javellisé avec des insinuations et des sous-entendus. Sinon, il n’aurait pas eu plus d’impact qu’une résolution annonçant l’asphaltage du rang Saint-Pierre.

Pour y arriver, il fallait obligatoirement frapper fort en évoquant la lapidation, l’excision, les femmes voilées, la disparition du sapin de Noël, etc.

Alors pourquoi encore ce cirque aujourd’hui? Parce qu’après avoir campé le personnage du défenseur de la culture québécoise sur toutes les tribunes et avec tout le sérieux possible – quitte à se faire ridiculiser sur le plateau de Tout le monde en parle -, voici qu’André Drouin vient camper celui du stratège qui a monté de toutes pièces un canular.

À l’étiquette d’électron libre et de loose canon, il faut maintenant en rajouter une dernière à André Drouin: celle de one hit wonder, vous savez ces groupes qui n’ont eu qu’un succès en carrière.

Il y a toutefois quelque chose de pathétique et triste à assister à ces concerts sans surprises…

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Paul Lapointe
    - 28 Mai 2011 à 08:28:38

    Monsieur Lepage, Le terme « brulot » applicable à un écrit réfère généralement à un pamphlet virulent. Or, ayant produit le film auquel vous référez, puis-je vous dire que vous errez passablement en qualifiant "Liberté, Égalité, Accommodements" de brulot. Cela me porte d’ailleurs à croire que vous n’avez pas vu le film. Ceux qui l'ont vu vous diront qu’il est tout à fait modéré et respectueux de tous ceux qui y ont généreusement participé. "Liberté, Égalité, Accommodements" se veut un apport constructif à l’exercice de démocratie participative, par ailleurs, exemplaire, mené par la Commission Bouchard-Taylor. La notion voulant que l’Affaire Hérouxville ait été un « coup monté » par M. André Drouin, dans le but de faire réagir les médias et la classe politique n’est aucunement une « thèse » du réalisateur. Non seulement M.M. Drouin et Thompson nous ont-ils confié, au premier jour du tournage, être parfaitement conscients que le « Code de vie d’Hérouxville » contenait des termes incendiaires et provocateurs, mais que l’opportunisme des médias ferait en sorte que le texte soit publié et que soit lancé le débat. Cette tactique, de la part de M.M. Drouin et Thompson nous a certes paru assez coquine et astucieuse. Ceci dit, l’anecdote ne constitue en rien le cœur du film. Les provocations présentes dans le « Code de vie d’Hérouxville » n'excluent pas, pour autant, que M.M, Drouin et Thompson réprouvaient bel et bien le laxisme et l’improvisation attribués au gouvernement dans sa façon de gérer l’immigration. Pour le reste, les propos que vous tenez à l’endroit de M. Drouin suite à la projection récente de notre film, à Montréal, vous appartiennent entièrement. J’aurais, pour ma part, préféré que les journalistes n’accordent pas autant d’importance à la provocation contenue dans le « "Code de vie d’Hérouxville" et que l’on fasse plutôt le point sur le projet de loi 94" Le gouvernement doit baliser, une fois pour toutes, le rapport entre l’État et la religion. L'État doit agir et "paraître agir" de façon neutre face à tout groupe d'intérêt, fut-il culturel, économique, social, religieux, ou autre. Les médias devraient, par ailleurs, rappeler les lacunes toujours présentes dans la mise à niveau des compétences professionnelles des immigrants. La majorité d'entre eux, faut-il le rappeler, sont venus s’établir au Québec à l'incitation de nos gouvernements. La lenteur des ordres professionnels à assurer la reconnaissance de leurs compétences constitue une injustice flagrante, par ailleurs, nuisible aux intérêts économiques et sociaux du Québec.

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