Ne manquait plus que Julie Boulet pour s’accaparer un peu de crédit et le portrait des gérants d’estrade eut été complet. Heureusement – avait-elle le choix compte tenu du rôle effacé qu’elle a joué dans le dossier? - la députée-ministre de Laviolette a eu la sagesse de conserver une petite gêne.
Disons les choses comme elles sont, c’est au conseil municipal actuel – et plus particulièrement à Michel Angers – que revient le mérite de la décision du MDDEP (ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs) de permettre à Shawinigan de conserver ses deux sources d’eau potable, les lacs des Piles et à la Pêche.
Le maire a géré ce dossier habilement, le mot est faible. Michel Angers a su jouer de la pression populaire quand il le fallait; monter le ton au moment opportun; relâcher du lest dans le bon temps.
De la politique avec un grand P.
Cela dit, voilà une victoire mais la guerre est loin d’être gagnée.
Parce que celle-ci sera remportée lorsque le chantier sera terminé et que le budget de 76 millions$ aura été respecté. Ce qui ne s’annonce pas une mince tâche même si le maire Angers déclare d’entrée de jeu être allergique au dépassement de coûts.
Bonne nouvelle pour les Shawiniganais: toute l’attention médiatique braquée sur l’industrie de la construction et les firmes d’ingénierie depuis plus d’un an aurait eu pour effet de faire diminuer de plus de 20% plusieurs soumissions dans des contrats publics.
Si on extrapole, dans un chantier de 76 millions$, ça fait 19 millions$ d’économie qui, hypothétiquement, aurait été à la charge des Shawiniganais car la subvention de 57 millions$ de Québec et Ottawa est fermée.
Ce chantier demandera d’être examiné à la loupe à toutes les étapes afin d’éviter les erreurs commises avec la construction du Centre Bionest qui a finalement coûté le double de ce qui avait été prévu à l’origine.
Parce que là encore, vous pouvez être sûr de trouver des gérants d’estrades qui diront : Je vous l’avais bien dit!

