Je me rappelle très bien de cette matinée du 11 septembre 2001 où, en pleine campagne électorale, elle convoquait la presse régionale devant le Rocher de Grand-Mère. Avec une pancarte À vendre devant ce symbole, elle venait expliquer le projet de défusions municipales que son parti proposait aux ex-municipalités regroupées de force quelques mois plus tôt par le Parti Québécois.
Mais bon ce jour là, Oussama Ben Laden avait décidé d’accaparer l’attention médiatique et Julie Boulet avait tout bonnement invité les journalistes à rentrer chez eux, qu’il y avait finalement plus important que les défusions dans la vie…
Depuis, le parcours de cette néophyte en politique aura été tout, sauf linéaire. On ne peut s’empêcher de penser que le cours de sa vie, et celui de ses électeurs, eut été modifié si en novembre 2000, elle avait remporté son élection contre le bloquiste Marcel Gagnon dans le comté fédéral de Champlain. Une défaite par 15 voix seulement suite à un recomptage judiciaire.
Une défaite salutaire dans son cas, c’est le moins que l’on puisse dire. En fait, preuve qu’elle jouit d’une sympathie indéniable auprès de Jean Charest, elle a toujours été membre du conseil des ministres depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir au printemps 2003.
Seule exception, entre mai et septembre de cette année là, elle avait dû séjourner au purgatoire. On se rappelle qu’à cause d’une histoire de dosettes acceptées du temps qu’elle était pharmacienne, Julie Boulet avait dû démissionner de son poste de ministre déléguée à la Santé et à la Condition des aînés. Quelques mois plus tard, le premier ministre la réintégrait au sein du grand concile en tant que ministre déléguée aux Transports.
Elle a depuis gagné ses galons en occupant des postes seniors comme ceux de ministre des Transports puis aujourd’hui, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, avec au passage celui de ministre par intérim des Ressources naturelles alors que son défunt collègue Claude Béchard était en congé de maladie.
À cause de son inexpérience politique au départ, le Parti Québécois a souvent cru à tort que la députée de Laviolette pouvait être une cible facile à déboulonner. Outre cette histoire de dosettes, elle n’a pas eu la tâche facile non plus aux Transports.


