Un peu comme le week-end de la fête du Travail portera toujours le nom de «week-end de la Classique». Ça ne correspond peut-être pas aux standards de la toponymie ou du marketing, mais personnellement je trouve que ça lui donne un charme, une personnalité. Toutes les villes, qu’elles soient prospères ou moribondes, possèdent un centre-ville, mais bien peu un bas de la ville.
Encore largement véhiculé dans le langage populaire, le terme «bas de la ville» est toutefois absent de toutes littératures récentes et de toutes documentations touristiques. Comme si nous trouvions le terme péjoratif, comme si nous avions honte.
Nous devrions plutôt en être fiers. Le bas de la ville, c’est le cœur de notre histoire. Un lieu au cachet indéniable, avec ses qualités et ses défauts. Un lieu qui a été au premier plan de la croissance et de l’essoufflement de la ville. Un lieu qui heureusement revit peu à peu et redevient le point de rassemblement naturel des citoyens.
Ce qui fait la force d’un centre-ville, c’est l’ampleur de son activité économique. Ce qui fait le charme de notre bas de la ville, c’est entre autres la présence de commerçants passionnés et de véritables artisans, qu’ils soient brasseurs, pâtissiers ou boulangers.
Malgré son nom, le centre-ville actuel n’est pas et ne sera jamais le lieu principal des activités commerciales de la Shawinigan. Comme partout ailleurs, les grandes chaînes occupent plutôt les espaces en périphéries. Qu’on le veuille ou non, c’est dans ces endroits souvent aseptisés que les citoyens continueront principalement de dépenser leur argent.
Le bas de la ville n’a pas de grandes surfaces à bas prix, de vastes stationnements et de gigantesques panneaux lumineux. Non, mais il a une richesse bien plus grande qui s’appelle une âme.
- François St-Martin, Shawinigan
