Et puis il s’était produit cette chose terrible: il s’était soudain retrouvé incapable de répondre, sauvé in extremis par l’intervention surprenante du directeur des communications.
Le Maire prétend avoir été victime du «journalisme d’embuscade» ou l’objectif apparaît davantage de piéger les personnes ou les instances mises en cause dans l’enquête que de servir l’intérêt public. Par contre, le journaliste d’enquête Alain Gravel évoque le fait que l’éthique journalistique a été respectée. Il incombera donc si nécessaire à l’Ombudsman de Radio Canada et au Conseil de presse du Québec de trancher la question.
Dans le contexte, du droit du public à l’information, il est utile de rappeler qu’il n’est pas facile pour les dénonciateurs se présentant au conseil municipal ni pour les journalistes en région de recueillir l’information à visage découvert, par le biais de recherches, d’entrevues, de contacts et de consultations de dossier.
Car, parfois, souvent, les élus insatisfaits de la couverture d’un sujet, n’hésitent pas à dénoncer publiquement les journalistes allant même jusqu’à les écarter des conférences de presse et à priver leur journal de publicité, ce qui s’est vu au Saguenay et à la Ville de Québec.
Par ailleurs, quoi qu’on en dise, l’émission Enquête a fait œuvre utile en permettant de lever en partie le voile sur les liens reliant la Ville avec une entreprise privée composée d’un nombre indéterminé d’actionnaires. Sous prétexte, que l’entreprise financée par les fonds publics, par l’entremise d’un OSBL, n’est pas tenue de rendre public ses états financiers, plusieurs questions sont demeurées sans réponses dont celle-ci : comment le directeur général qui ne siège pas au CA et qui détient une action symbolique ainsi qu’un droit de veto en cas de vente de l’équipe, pourra-t-il exercer ce droit de veto s’il est absent des délibérations du conseil ? Le directeur général et la Ville seront-ils placés devant un fait accompli ?
Quant à l’argument du Maire à l’effet que la situation actuelle perdure depuis 40 ans, il faut répondre que ce n’est pas parce qu’une situation dure depuis 40 ans qu’il ne faut pas la remettre en question pour faire mieux dans un contexte qui a changé.
Mais si on laisse le passé pour regarder vers l’avenir, quelle devrait être la position de la Ville afin de bien préparer le renouvellement de la convention de 2013 alors que la valeur du club est établie à environ 4 M$?
D’abord, pour plus de transparence la Ville serait bien avisée de retenir les services d’un consultant ayant une expertise en administration, finances et gestion de projet ayant pour mandat d’analyser la convention en vigueur en la comparant aux conventions existantes dans les villes détenant une franchise de la Ligue junior du Québec. Par la suite, le consultant transmettra aux éus le fruit de son analyse accompagné de ses recommandations, lesquelles pour plus de transparence devraient être rendues publiques.
En ce faisant, les contribuables auraient la conviction que l’offre faite au club de hockey les Cataractes en 2013 serait conforme aux normes en vigueur dans le circuit mettant ainsi fin aux suspicions entourant ce dossier.
- Claude Gélinas
Shawinigan

