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Une amitié qui brave les frontières et le temps

Les deux complices se sont rencontrés dans une classe de l’école secondaire Du Rocher de Grand-Mère à l’adolescence. Geneviève Beaulieu Veilleux

Les deux complices se sont rencontrés dans une classe de l’école secondaire Du Rocher de Grand-Mère à l’adolescence.

Geneviève Beaulieu-Veilleux
Publié le 9 Octobre 2012
Publié le 5 Octobre 2012
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Qui aurait prédit, il y a de cela 24 ans, que l’amitié née entre une étudiante de l’école Durocher et un étudiant venu de l’étranger pour un séjour en sol québécois allait braver les frontières et le temps? C’est pourtant ce qui est arrivé à Patricia Trudel de Grand-Mère et Luis Fernando Teixeira Canedo du Brésil. La femme, qui avait 19 ans à l’époque, et l’homme, d’un an son cadet, sont demeurés amis malgré la distance et les aléas de la vie.

Sujets :
Interculture Canada , Union fédérale , Québec , Grand-Mère , États-Unis

Des retrouvailles émotives

«Nous ne nous sommes pas revus dans les vingt dernières années en personne, mais nous avons toujours gardé contact. C’est peu dire d’affirmer que j’étais ultranerveuse quand j’ai appris sa venue dans le pays pour un mois», raconte Patricia Trudel. En effet, l’homme a vu se présenter l’opportunité de voyager et il n’a pas hésité à se déplacer pour venir rendre visite à ses anciens compagnons du Québec.

La femme indique que les retrouvailles se sont bien déroulées et que la complicité était intacte. C’est donc dans l’atmosphère enlevante du festival Western de St-Tite que les deux anciens comparses ont renoué.

À l’époque, c’est avec le programme Interculture Canada (ancien AFS Vivre Sans Frontières) que le Brésilien Luis Fernando a choisi de venir séjourner un an au Québec en 1987 pour ses études et pour «s’enrichir». «Même si environ 80% des étudiants de mon pays optaient pour les États-Unis, j’ai eu envie de venir au Québec pour la langue et la culture différente. Une amie a moi connaissait déjà Grand-Mère pour y avoir séjourné et ça m’a attiré à mon tour», raconte le Brésilien, natif de Goiânia, une ville aux origines indiennes. Ce choix, il ne le regrette aucunement aujourd’hui.

Un visiteur attachant

Accueilli par la famille de Jacques Désilets, un enseignant de physique de l’école Du Rocher et de sa femme Huguette, le jeune Luis Fernando s’adapte facilement à son nouvel environnement. «L’apprentissage de la langue a été quand même difficile, car je ne maîtrisais alors aucun mot de français, mais tout le monde a été très gentil à mon endroit», indique l’homme qui n’avait que 17 ans à l’époque.

Aux dires de tous, ce serait la nature simple, joviale et généreuse du Brésilien qui aurait grandement contribué à son intégration dans la ville et au sein de sa famille d’accueil, qui comptait aussi deux autres garçons plus jeunes. Réunis dans la même classe secondaire, Patricia et Luis Fernando se sont découvert des points communs, notamment le sens de la famille. «Il s’agit d’une valeur centrale pour nous deux», estime Mme Trudel qui a rapidement commencé à côtoyer «le petit nouveau» par curiosité et pour la découverte d’une nouvelle culture.

Parmi les moments marquants du passage de l’étudiant à Grand-Mère, il mentionne la première neige, la découverte des sports d’hiver comme le ski alpin à Vallée du Parc, les plats québécois d’Huguette comme la tarte aux pommes ou le carré aux dattes –dont il raffole- ou bien encore son 18e anniversaires célébré au Québec.

«Nous avons eu droit à beaucoup de moments cocasses et à plusieurs conversations à l’aide de nos mains au départ, mais tout cela en valait la peine. Nous gardons de précieux souvenirs de Luis et, pour nous, il est comme un fils», mentionne Huguette, sous le regard complice de son époux Jacques. Pour Luis, Grand-Mère et le Québec resteront toujours synonymes des quatre saisons et des pouvoirs formidables de l’automne qui colore les arbres de diverses teintes.

Des lettres aux courriels!

Pour conserver leur amitié vivante après le départ du Brésilien, il a fallu beaucoup de volonté d’après Luis, qui œuvre maintenant dans sa ville natale en tant que procureur de l’Union fédérale. «On en a noirci des lettres avant l’arrivée de la technologie et des courriels! On a toujours gardé contact en se parlant de notre quotidien ou en s’envoyant des petits présents à nos anniversaires ou des CD de musique que l’on aimait», ajoute Patricia qui brandit avec émotions une boîte contenant plusieurs vestiges de ces échanges passés.

Les deux amis sont passés par toutes sortes de péripéties à distance. De la censure de la poste au Brésil où l’on ouvrait leurs lettres et leurs colis jusqu’à leur mariage respectif et aux naissances des enfants de Patricia, ils ont été là l’un pour l’autre. «On a un lien qui n’est pas tuable! On sait qu’on possède quelque chose de fort qui traversera encore les années», affirme la femme à propos de son ami de l’autre continent. Luis, lui, se contente de lui adresser un sourire qui veut tout dire. Parions que la correspondance n’est pas terminée pour ces deux inséparables.

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