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Une deuxième vie pour Ronald

Dès sa sortie de l’hôpital le 30 août, Ronald Richard a été remercier les deux policiers qui lui ont sauvé la vie.

Dès sa sortie de l’hôpital le 30 août, Ronald Richard a été remercier les deux policiers qui lui ont sauvé la vie.

Bernard Lepage
Publié le 11 Septembre 2012
Publié le 11 Septembre 2012
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Réanimé après onze minutes sans respirer

Ronald Richard se souviendra éternellement du 20 août dernier, le premier jour de sa deuxième vie…

Sujets :
Laporte , Ville de Repentigny , Hôpital Pierre-Le Gardeur , Saint-Boniface , Charlemagne , Montréal

À 2h du matin cette nuit là, il sort de la piscine de sa belle-sœur à Charlemagne, en banlieue de Montréal. Quelques heures plus tôt dans la journée de dimanche, il avait célébré son 38e anniversaire de mariage en compagnie de sa belle-famille.

Rendu dans la salle de bain pour se changer, il tombe sans connaissance par terre. Alertée par le bruit, sa conjointe appelle au secours. Le temps de défoncer la porte verrouillée, Ronald Richard gît inconscient sur le plancher.

Si le résident de Saint-Boniface peut raconter aujourd’hui cette expérience bouleversante, il le doit à deux policiers de la Ville de Repentigny qui lui ont sauvé la vie et dont il voulait à tout prix faire connaître leur geste héroïque.

Des minutes interminables

À leur arrivée, les agents Émond et Laporte constatent que l’homme de 60 ans ne démontre ni réaction des pupilles, ni pouls. Placé sur le côté par les membres de sa famille, Ronald Richard a de plus la peau très blanche et le visage bleuté. Débutent alors les manœuvres de réanimation à l’aide d’un défibrillateur automatique que les policiers avaient dans leur voiture de patrouille. Après l’administration d’un troisième choc, un pouls est finalement enregistré sur l’appareil. Entre 8 et 11 minutes se seront écoulées durant cette séquence interminable.

Transporté par ambulance à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur à Terrebonne, M. Richard subira un autre arrêt cardiaque mais il est maintenant entre bonnes mains. L’homme ne le sait pas mais il vient de subir un arrêt cardiaque foudroyant. Une artère reliée au cœur était bouchée à 99%. Ronald Richard est chanceux d’une certaine façon car si la crise dont il a été victime serait survenue dans son sommeil, nul n’aurait pu lui venir en aide.

Durant neuf jours, il sera plongé dans un coma artificiel sur un lit de glace (32 degrés Celsius) afin de réduire au minimum son rythme cardiaque. Une autre attente sans fin pour ses proches car il était alors impossible pour les médecins de savoir si son cerveau avait été affecté par la privation durant de longues minutes d’oxygène.

Où sont les policiers?

Au grand soulagement de tous, c’est un Ronald Richard épuisé physiquement mais avec toutes ses facultés cognitives qui se réveille le 29 août. «La première chose que j’ai voulu faire en me réveillant, c’est d’aller voir les policiers qui m’avaient sauvé la vie. C’était tout de suite, pas dans un mois, tout de suite», raconte-t-il à L’Hebdo.

Il pourra finalement le faire le 30 août alors qu’il se rend au poste de police en compagnie de son fils. Le destin fait bien les choses car les agents Emond et Laporte sont en fonction ce jour-là. «Cela a été très émotif comme rencontre, témoigne le retraité qui a fait carrière dans le courtage d’assurances. On a pleuré moi et mon fils. On ne parle pas souvent des bons coups des policiers mais celui-là, je ne pouvais pas le passer sous silence. C’était la priorité de mes priorités. C’était impensable pour moi de revenir chez nous en Mauricie avant d’aller les remercier en personne.»

Aucun souvenir de l’événement

Aujourd’hui, Ronald Richard se remet lentement à son domicile à Saint-Boniface. Physiquement, il peine encore à se rétablir. «C’est normal m’a dit le médecin. Recevoir une décharge électrique, c’est comme si tous les joueurs des Alouettes venaient en même temps te plaquer. Moi, j’en ai eu trois. Je devrais en avoir pour six semaines avant de ressentir moins de mal à la poitrine.»

Au niveau cognitif, les nouvelles sont bonnes mais il ne se souvient d’absolument rien de la période allant de deux semaines avant l’incident jusqu’à son réveil à l’hôpital. «J’ai acheté une bague à mon épouse pour nos 38 ans de mariage une semaine avant ma crise cardiaque mais je n’en ai aucun souvenir.»

Évidemment, on n’obtient pas une telle chance dans la vie sans en retirer de grandes leçons. Ronald Richard ne fait pas exception. «Prendre ça cool: c’est ce que je dis aux gens maintenant qui viennent me voir et qui sont pressés. Aujourd’hui pour moi, si ça ne peut être fait tout de suite, ce n’est pas grave, ça ira juste à demain.»

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