Estimée en 2010 à 1,5 million$ par le Conseil du patrimoine religieux du Québec, la facture aurait allégrement fracassé ce montant en se fiant aux soumissions reçues pour la restauration du chœur de l’église.
«Les prévisions initiales pour cette section étaient de 270 000$ mais en ouvrant les soumissions, la plus basse était à 780 000$», souligne l’abbé Claude Lacombe Jr. Pour la nef de l’église, un peu plus de 1 million$ avait été prévu mais compte tenu des circonstances, la paroisse n’a même pas pris la peine de publier un appel d’offres. «C’est tout simplement devenu trop cher pour nos moyens», poursuit le prêtre-modérateur.
Au bout du compte, seule l’orgue Casavant Frères Opus 1374, datant de 1930, aura fait l’objet d’une restauration. 165 000$ auront été nécessaires pour sa remise en état. De ce montant, la paroisse aura déboursé 44 000$ tandis que le Conseil du patrimoine religieux prenait le reste à sa charge.
À l’automne 2010, la paroisse démarrait une campagne de financement afin d’amasser 500 000$ dans le milieu. Ajoutée au million de dollars promis par le Conseil du patrimoine religieux, cette somme aurait permis de réunir les 1,5 million$ qui avait été estimé pour rénover l’orgue et refaire le décor peint à l’intérieur de l’église.
La levée de fonds n’a cependant jamais véritablement démarré déplore l’abbé Lacombe, seulement 58 440$ auront été recueillis. «On voyait que ça n’allait pas rondement», poursuit-il.
Pour le chœur de l’église, le projet aura été revu à deux reprises afin de lui faire subir une cure minceur, faisant passer son estimation à 780 000$ à 543 000$ à finalement 345 000$. Mais comme la subvention du Conseil demeurait à 190 000$, cela aurait obligé à un déboursé de 155 000$ de part de la paroisse. «C’était beaucoup trop pour le peu de travaux qui auraient été réalisés.»
L’abbé Lacombe Jr souligne que l’église ne présente aucun danger pour les paroissiens mais qu’inévitablement, plus le temps passe, plus son intérieur continuera à se dégrader. Déjà, la peinture de quelques-unes des fresques tombe en lambeaux tandis que les infiltrations d'eau ont endommagé les plafonds. «Nous ferons de notre mieux pour qu’elle demeure saine et accessible», promet-il.
Pour le religieux, cet échec ne peut seulement être attribué à la désaffection des paroissiens face à l’institution catholique. «Il y a aussi la pauvreté du milieu qui entre en ligne de compte.»
L’abbé Lacombe Jr n’est pas sans regarder avec envie et admiration la mobilisation des paroissiens de l’église Saint-Paul à Grand-Mère qui sont en train de réussir ce que l’ancienne paroisse Saint-Pierre n’a pu faire. Là-bas, le milieu a amassé tout près de 300 000$ pour terminer des travaux de restauration de près de 1 million$.



Vraiment triste. J'ai fait ce que j'ai pu. Une de nos plus belles églises... QLBDVB tous ceux qui on travaillé et essayé de la rénover. On ne réalise jamais vraiment la valeur de ce qu'on a avant de l'avoir perdu...