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Nutra Canada, le bonheur est dans les antioxydants

andré gosselin

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Bernard Lepage
Publié le 2 Février 2010
Publié le 2 Février 2010
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Si le phénomène de la prévention et du contrôle des maladies cardiovasculaires, de l’obésité et du diabète par l’adoption d’une meilleure alimentation venait un jour à entrer dans les habitudes de vie des Québécois, une entreprise de Champlain pourra dire qu’elle y a mis son grain de sel.

Sujets :
Champlain , Fleuve Saint-Laurent , Mauricie

Spécialisée dans la production d’extraits secs de fruits et légumes, Nutra Canada a démarré ses activités au début du mois de janvier. Ne la cherchez pas sur le bord du fleuve Saint-Laurent, ni dans un parc industriel technologique près de l’autoroute, c’est plutôt sur les terrains du site d’enfouissement de Champlain qu’elle a choisi de s’établir. «Notre procédé est très énergivore et nous étions à la recherche d’un endroit où nous pourrions avoir cette énergie en grande quantité et à bon prix», explique André Gosselin, président de Nutra Canada.

Pas le même biogaz que Savoura

L’entreprise a signé un contrat de 40 ans avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) prévoyant un approvisionnement en biogaz. Une entente similaire à celle entre la Régie et Savoura à Saint-Étienne-des-Grès et qui se retrouve aujourd’hui devant un juge parce que les deux parties ne s’entendent pas sur la qualité du biogaz.

Lui-même actionnaire minoritaire chez Savoura, André Gosselin ne craint pas de voir survenir le même litige à Champlain. «La pureté du biogaz dont nous avons besoin n’a pas à être aussi élevée qu’à Saint-Étienne-des-Grès», dit-il sur un ton confiant. Parce que des détails techniques demeurent à régler, Nutra Canada opère présentement avec du gaz conventionnel. Les premiers biogaz provenant du site d’enfouissement devraient être consumés au cours du mois de février.

Par un procédé mis au point par André Gosselin, l’entreprise transforme en poudre les fraises, les canneberges et les bleuets. Dans quelques mois, on fera de même avec le brocoli, l’épinard et l’oignon. Tous des fruits et légumes riches en agents antioxydants et donc, bénéfiques pour la santé. C’est en fait leurs molécules les plus intéressantes qui, par un procédé secret et complexe, sont isolées pour ensuite être réduites en fine poussière.

Ces poudres, produites à des degrés de concentration variables selon les besoins, sont ensuite revendues aux géants de l’alimentation qui vont les incorporer dans les jus, yogourt, barres tendres, etc. De plus en plus, on les retrouve également sur les tablettes de produits naturels sous forme de comprimés.

 

Cette première phase a nécessité des investissements de 5 millions$ et créera une dizaine d’emplois. À plus long terme, ce qui pourrait éventuellement déboucher sur une seconde phase, Nutra Canada mènera des recherches sur une vingtaine de produits. On parle ici notamment du melon, du poivron, du chou-fleur, du cassis, de la framboise, de la mûre, de la pomme, etc. André Gosselin regarde aussi du côté des forêts où des plantes aux propriétés médicinales représentent un potentiel intéressant à exploiter. «Le procédé d’extraction demeure le même, mais on doit trouver la bonne recette pour chaque fruit, légume et plante. Le processus demande donc beaucoup de recherche et de développement avant qu’on arrive à l’étape de production», explique cet agronome qui enseigne à l’Université Laval et qui dirige l’entreprise familiale des Fraises Orléans.

Du développement durable

La production d’extraits secs de fruits et légumes n’est pas une nouveauté en soi bien que Nutra Canada soit la seule entreprise à opérer dans ce créneau au pays. Les Américains et les Européens, surtout les pays nordiques, ont déjà une bonne expertise dans le domaine. C’est d’ailleurs en constatant que les Etats-Unis venaient acheter nos bleuets et nos canneberges, en recueillaient les meilleurs éléments puis nous les revendaient qu’André Gosselin a eu l’idée de démarrer sa propre entreprise.

Nutra Canada compte se distinguer de la compétition en utilisant des produits 100% québécois et certifiés biologiques. De plus, elle est en voie d’obtenir l’accréditation Bonne Pratique de Fabrication, un sceau qui donne l’assurance d’une qualité constante, d’en amont jusqu’en aval, dans le procédé de fabrication.

D’ailleurs, le site d’enfouissement joue un rôle crucial dans la stratégie de Nutra Canada d’imposer sa marque sur le marché en adhérant au concept de développement durable. Outre les biogaz revalorisés en énergie, l’entreprise rejette les eaux usées produites par son procédé de fabrication dans les bassins d’épuration de la RGRMR. Quant aux rejets solides des fruits et légumes traités, ils sont dirigés vers le centre de compostage de l’Écocentre de Champlain.

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