Surnommé le Saint-François d'Assise de Saint-Boniface, Jacques Bournival est bien connu dans la région pour avoir remis à la mode le débardage en forêt avec des chevaux. Mais voilà que depuis quelques années, sa passion est en voie de «contaminer» l'ensemble du Québec.
Enseignant dans les écoles secondaires, Jacques Bournival a depuis toujours noué des liens étroits avec les chevaux. Il aime raconter qu'ils ont la force et lui, l'intelligence. Dans les années 1980, il consacre ses temps libres à diriger un centre équestre comptant plus de 25 têtes. Jacques Bournival y accueille de jeunes décrocheurs et délinquants qu'il réussit à remettre sur la bonne voie grâce à son approche patiente et sa générosité. À la retraite en 1990, lui qui a toujours été respectueux de la nature et des animaux, il est initié par son ami Ludger Harvey à la coupe du bois en forêt. Les deux hommes ne se contentent pas d'empiler les cordes de bois, ils y parviennent à l'aide de six chevaux qu'ils commandent par le seul son de leur voix. Une passion est née!
Intriguée par cet homme qui partage désormais ses connaissances à son entourage immédiat, l'École forestière de La Tuque lui demande d'offrir une formation à Saint-Tite. Une quinzaine de propriétaires découvrent alors que les chevaux peuvent être un complément à la machinerie.
Jacques Bournival aime raconter que les chevaux ont la force et lui, l'intelligence. -
L'affaire fait boule de neige et en 2006, alors qu'il participe à un colloque sur la filière cheval à Montmorency, l'Institut de technique agroalimentaire (ITA) de Saint-Hyacinthe et l'organisme Québec à cheval approchent formellement Jacques Bournival afin qu'il développe et dirige un cours sur la technique de débusquage et le débardage en forêt avec chevaux.
Une dizaine de formations ont été offertes dans plusieurs régions du Québec depuis, suivies par une centaine de personnes. L'émission La Semaine verte, à Radio-Canada, lui a même consacré un reportage intitulé Le bûcheron à cheval.
Pour l'Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice, l'attribution du Prix Reconnaissance 2010 à Jacques Bournival se voulait la meilleure façon de reconnaître «sa détermination à transmettre ses connaissances de l'utilisation du cheval dans le cadre d'une foresterie moderne, durable et respectueuse de l'environnement.»

