Cercueils et urnes 100% écologiques et diverses autres techniques tout aussi vertes ont fait leur apparition au cours des dernières années. Mais malgré la ferveur écologique que l’on remarque depuis quelque temps, la demande n’est pas au rendez-vous, révèle la Coopérative funéraire de la Mauricie.
«La demande n’est pas là même si les gens se montrent intéressés lorsqu’on leur en parle. C’est encore une exception. C’est beau si on vend deux ou trois urnes de ce genre par année», explique Andrée Perron, directrice générale de la coopérative.
L’ennui selon elle: l’apparence du produit qui serait à repenser. «C’est souvent quand on leur montre le cercueil que les gens reculent et hésitent. Ils sont tout en bois et n’ont aucun ornement pour éviter toute présence de métal. Les items sont collés avec de la colle de poisson, le vernis est à base d’eau et l’intérieur est en lin. C’est très brut. Je pense que les gens ont l’impression qu’ils auront une moins belle apparence s’ils sont inhumés dans ces cercueils. Ça joue sur l’orgueil et, au premier coup d’œil, ça ne fait pas le poids à côté des produits réguliers», indique Mme Perron.
Elle se montre toutefois confiante en l’avenir des cercueils et urnes écologiques si leur apparence est améliorée et si des cimetières proposent des secteurs écologiques. «Je crois que ça stimulerait le marché, surtout qu’il y a déjà une variété de cercueils "verts" et que les prix sont les mêmes que pour les réguliers», précise-t-elle.
Impact environnemental
Ironique de dire que l’être humain continue de polluer après sa mort, mais c’est pourtant le cas.
L’être humain continue de polluer après sa mort -
Par exemple, la quantité de métaux utilisée en une année pour la production des cercueils en Amérique du Nord serait suffisante pour reconstruire le pont Golden Gate à San Francisco. C’est sans compter le fait qu’un corps embaumé peut contenir environ 15 litres de formaldéhyde (liquide servant à la préservation des tissus), un produit considéré comme cancérigène.
La crémation, souvent préférée par les défenseurs de l’environnement, consomme quant à elle en moyenne 27 litres d’essence et contribue à 0,2% des émissions mondiales de dioxine et de furane.
Cimetière 100% écologique
Des professeurs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) souhaitaient voir naître un premier cimetière écologique sur des terrains appartenant à l’institution. Ils voulaient que les corps soient mis dans des cercueils en carton biodégradable, enterrés et recouverts d’un arbre dont l’essence aurait été choisie par la personne avant de mourir.
«Le corps devient une véritable arme chimique: son sang a été remplacé par du formaldéhyde, substance fortement suspectée d’être cancérigène (…) et l’incinération demande une consommation énergétique conséquente», peut-on lire dans le document de présentation.
Entre-temps, un premier cimetière naturel a vu le jour au Québec, plus précisément dans les Laurentides. On y privilégie la conservation de l’environnement et on y retrouve même une aire de jeux pour les enfants, des tables de pique-nique et surtout, aucune pierre tombale.




