À la fin de son baccalauréat, il se frotte à l’enseignement dans un collège de la région de Québec: «Dès le premier cours, ça a été le coup de foudre; je suis littéralement tombé en amour avec l’enseignement», se remémore-t-il. Survol du parcours d’un passionné de l’enseignement, de la recherche… et des insectes.
Le professeur
Février 1969. le Grand-Mérois Jean-Pierre Bourassa, alors étudiant à la maîtrise de l’Université Laval, reçoit un coup de fil. Gilles Boulet, qu’il connaît un peu pour avoir collaboré avec le musée d’archéologie du Centre des études universitaires (CEU), lui offre un emploi : un poste de professeur dans une nouvelle université, à Trois-Rivières. Évidemment, le jeune homme accepte avec joie, bien qu’il n’ait pas encore son diplôme de maîtrise en poche.
«C’était une offre à ne pas manquer: professeur et chercheur dans ma région natale, au sein d’une université où tout était à construire. D’ailleurs, l’un de mes premiers mandats dans le cadre de mes nouvelles fonctions fut d’aller à Montréal et à Québec pour acheter des livres afin de commencer à monter la bibliothèque de biologie et des sciences connexes de l’UQTR. C’était un bonheur total de pouvoir acheter tous les livres qui me semblaient pertinents, sans restriction de budget – ou si peu! Le recteur Boulet m’avait simplement demandé de remplir mon auto…»
Les premiers mois, M. Bourassa n’a que deux collègues en biologie, Guy Vaillancourt et sœur Estelle Lacoursière. En mai 1969, ils se retrouvent tous les trois au collège Marie-de-l’Incarnation, où avait enseigné sœur Lacoursière, afin de préciser le programme de baccalauréat en biologie qui doit être offert dès l’automne suivant. C’est ainsi que, craies à la main, les trois nouveaux professeurs ont élaboré sur tableau noir les bases d’un baccalauréat idéal; en septembre, c’est exactement à ce programme qu’étaient inscrits la quinzaine d’étudiants qui ont formé la première cohorte.
«Le campus n’était évidemment pas ce qu’il est aujourd’hui; par exemple, nos cours se donnaient au pavillon Boulet, situé au centre-ville. Le premier matin, alors que tous les étudiants étaient déjà installés à leur bureau, Guy et moi faisions les cent pas dans le corridor. On s’est regardés, stressés, puis on s’est dit "Go! On entre!" Cette journée, je m’en souviens comme si c’était hier», sourit le professeur émérite retraité depuis 2002, qui œuvre toujours à titre de chargé de cours au Département de chimie-biologie de l’UQTR.
Le chercheur
Vient rapidement le temps de se positionner sur le plan de la recherche. C’est lors d’un dîner à la cafétéria, alors située au pavillon Suzor-Côté, que l’entomologiste de formation ose proposer son idée au professeur Antoine Aubin: faire de la recherche… sur les moustiques. «Il a embarqué. Mais malgré tout notre enthousiasme, il fallait faire approuver notre programmation de recherche par le recteur Boulet. Celui-ci a d’abord eu un mouvement de recul: "Euh… les maringouins?" Il a cependant rapidement accepté, quoiqu’il nous ait avoué par la suite avoir été un peu gêné de présenter le projet à ses collègues», rigole encore M. Bourassa.
Le chercheur ne compte pas en rester là. Car même si l’Université les appuie, il faut obtenir des subventions de l’extérieur pour pouvoir faire de la recherche digne de ce nom. C’est ainsi que l’idée d’un colloque international sur les insectes piqueurs est née. «Nous avions invité des sommités des États-Unis et du Canada, mais aussi de Londres, de Genève, de l’Inde, de l’Afrique. Contre toute attente, tous ces grands noms de l’entomologie ont répondu positivement à l’invitation! Le colloque de 1973 a été un succès incroyable; il fallait voir la fierté du recteur…»
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