Personnalisez votre journal

Ange gardien pour perle rare



Ange gardien pour perle rare

Ange gardien pour perle rare

André Perreault
Publié le 18 Juillet 2009
Publié le 23 Janvier 2010
André Perreault RSS Feed

Peu de mes concitoyens savent qu’une perle rare ancestrale datant du 25 avril 1903 vit seule, parfaitement autonome, aussi paisiblement qu’harmonieusement dans sa modeste huître domiciliaire complètement rénovée sur la 2e Rue à Shawinigan.

Sujets :
Ange , Saint-Paulin , Shawinigan

C’est en substance ce qu’ont déniché par hasard les Jenny Beaudet et Jacques Grenier en faisant l’acquisition de cet immeuble pour y découvrir et tomber sous le charme irrésistible de Clara Saucier, une vénérable centenaire de 106 ans révolus, un trésor d’humanité dont la joie de vivre qui l’anime plus que jamais se diffuse à ses invités comme un doux parfum d’un suave chocolat.

Sa présence, sa prestance et son discours articulé farci d’humour anecdotique touchent et stimulent instantanément. Grâce à l’invitation du couple Beaudet-Grenier, spécialisé dans la réparation et l’entretien d’appareils ménagers, j’ai vécu en ce 14 juillet dernier une entrevue de plus de deux heures en compagnie de cette très attachante personne d’une tout autre époque. Je m’empresse de vous délivrer l’essentiel de nos conversations à bâtons rompus de cette héroïne de la vie et de ses deux nouveaux bâtons de vieillesse, Jenny et Jacques.

106 ans de vie

Pouvons-nous seulement nous figurer ce que peut représenter plus d’un siècle d’existence non pas pour un événement mais pour un être humain. Pour cette dévote centenaire Clara, c’est avoir vécu sous l’autorité apostolique de dix différents papes dont Léon XIII, Saint-Pie X, Benoît XV, Pie XI et Pie XII, le bienheureux Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul 1er et Jean-Paul II et enfin l’actuel pontife Benoît XVI.

Pour Clara, vivre plus de 100 ans, lui aura fait passer à travers les deux grandes guerres mondiales de 1914-18 et 1939-45, de la famine des années 30. Elle aura vécu les balbutiements de l’aviation, du téléphone, de la radio, de la télé et de l’Internet. Elle aura surtout survécu à tant de misère et de souffrances du cœur dont la perte de ses parents, de son mari, de Claude l’un de ses deux enfants, de ses 6 sœurs, de son frère et d’incalculables cousins, cousines, neveux et nièces, sans omettre ses amis et ses voisins.

Ce que fus, ce qu'est la centenaire

Clara Saucier, originaire de Saint-Paulin, est l’unique survivante d’une famille de 8 enfants. En 1920, alors âgée de 17 ans, Clara s’amène à Shawinigan pour gagner sa vie à titre de cuisinière dans les restaurants et cela jusqu’à ses 65 ans.

«Je faisais la popote de 17h à minuit, ça me donnait mes journées pour élever mes enfants et faire mon ménage pendant que mon mari travaillait à l’usine», dira cette simple et digne dame qui admet habiter son actuel loyer depuis plus de 70 ans. «Le loyer coûtait 18$ par mois et on l’augmentait de trois piastres par année», rajoutera-t-elle d’un ton espiègle. «Pour mes loisirs, je chantais dans les églises pour les mariages et le mois de Marie. Aujourd’hui, je chante dans mon bain et en faisant mon ménage.» Sa plus grande joie fut le jour de son mariage, sa plus grande peine le jour des funérailles de son époux Henri Bronsard décédé à 67 ans d’une crise cardiaque.

Journée type de la centenaire

Tous les jours de la semaine, notre jeune fille de plus de cinq fois vingt ans, vers les 5h du matin, se berce café en main, récite le chapelet, écoute la messe à la télé communautaire. A 9h, elle prend un petit déjeuner, fait son lit, son ménage. Son dîner consiste en un petit yogourt. En début d’après-midi, elle fait sa toilette, s’habille et va à sa «boîte à malle». Pour ce faire, elle s’impose de descendre du 3e étage par la sortie arrière de son logement pour remonter lentement mais sûrement par le long escalier de la devanture de l’immeuble. «C’est ma sortie de la journée et je me trouve chanceuse d’être encore capable de le faire», dira-t-elle avec fierté. Cet exploit est suivi d’une petite collation, gâteau et biscuit sec, et d’une sieste. Le souper est léger et en soirée, elle regarde la télévision. Le coucher, vers les vingt heures trente est toujours précédé d’une tisane. Cette femme n’a jamais goûté à la bière, ni trempé ses lèvres dans l’alcool et bénéficie des bons soins du même médecin depuis plus de 60 ans. En conclusion, Clara Saucier dira de ses nouveaux propriétaires: «Ces deux-là, je les adore. Jenny et Jacques me visitent et s’occupent de moi comme si j’étais leur grand-mère.»

Écrire un commentaire

Écrire un commentaire

Ce formulaire ne sert pas à envoyer l’article à un ami. Svp, utilisez le lien «Envoyer à un ami» en haut de la page pour ce faire.

L'Hebdo du St-Maurice n'est pas responsable des commentaires ci-dessous. Veuillez par contre, rester poli et respecter le sujet de la discussion. Si vous êtes membre, connectez-vous.

(Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

loading...

Infolettre

Inscrivez votre courriel et recevez nos nouvelles dès leur parution !

Inscription aux nouvelles en direct

Publicité