Jean-Marc Meis et Monique Meunier demeuraient en Belgique avec leurs trois enfants alors qu’ils ont entendu parler d’un projet de quartier écologique à Saint-Mathieu-du-Parc. «On venait ici pour avoir un style de vie relax. Nos enfants iraient dans une école alternative, on habiterait dans un écoquartier…», explique Mme Meunier.
En août 2007, Jean-Marc Meis se rend au Québec pour choisir un terrain et rencontrer les promoteurs. La maison devait être prête pour la fin avril 2008 et toute la famille déménageait au début du mois de mai de la même année. M. Meis explique que leur maison de la Belgique a été vendue et que des conteneurs avec leurs effets personnels ont pris la direction du Canada. «On est parti en totale confiance après avoir vendu notre maison là-bas. On avait tout planifié. C’était un projet clé en main.»
Mais selon le couple, le rêve n’est jamais devenu réalité. «Le 30 avril 2008, la fin des travaux était prévue. On arrive le 2 mai et notre maison est en chantier. Il n’y a même pas de fenêtres. Ils (les promoteurs) prenaient à leur charge notre logement pour deux semaines, pendant qu’ils finiraient les travaux. On se disait: «Bon, ce n’est pas ce qui est prévu, mais on n’a pas le choix.» Les deux semaines de retard se sont transformées en six semaines. Et au bout de six semaines, on emménage et la maison n’est pas encore prête, on a été en chantier tout l’été», explique Jean-Marc Meis, en ajoutant que le montant de la facture pour cette maison est de 220 000$ avec taxes, sans le terrain.
Selon le couple, malgré les travaux que la famille a dû tolérer quotidiennement, de nombreux vices de construction se sont déclarés. «Il y a eu une infiltration d’eau lors du dégel, l’isolation des murs et de la toiture n’était pas ce qui était prévu au départ, nous avons de la moisissure, une fissure dans la dalle de béton, etc. On a commencé à dénoncer certains points en octobre 2008. L’APCHQ a ouvert un dossier. Au-dessus de 80 points ont été dénoncés à l’APCHQ et ils en ont retenu 25 qui nécessitaient des travaux», renchérit M. Meis.
La famille Meis-Meunier a fini par quitter sa maison de rêve, en juillet dernier. «On entre six semaines en retard dans notre maison et il n’y a toujours pas de portes à l’intérieur! Nous avons été en chantier de juin à octobre, puis nous avons envoyé quatre lettres de mises en demeure. Aucun des travaux demandés n’a été effectué, sauf par mon assureur pour les infiltrations d’eau», ajoute-t-il.
Même si des rénovations majeures sont effectuées, la famille Meis-Meunier ne veut plus retourner habiter dans cette maison écologique.
«Ce qu’on demande depuis le début c’est: «Faites-nous la maison qui était prévue dès le départ selon le contrat et les plans». Mais si on veut la maison qui était prévue, il faut l’abattre et la reconstruire pour qu’elle soit conforme. Sinon, ils peuvent faire des réparations pour qu’on puisse la vendre… On nous reproche d’exiger ce qu’on avait demandé et ce qui était prévu dans le contrat», poursuit M. Meis. «Pour nous, le rêve a tourné au cauchemar! Toutes nos économies y sont passées», ajoute sa conjointe.
Au moment d’écrire ces lignes, L’Hebdo du St-Maurice attend un retour d’appel du promoteur de l’écoquartier pour connaître sa position dans le dossier. L’émission La Facture sera diffusée mardi (20 octobre) sur les ondes de Radio-Canada. «Aujourd’hui, criant à tout le monde que quelque chose ne va pas, c’est La Facture qui est arrivée dans le dossier. Nous sommes maintenant en attente d’une procédure d’arbitrage», conclut Jean-Marc Meis.
Quitter la Belgique pour le meilleur et pour le pire
Une famille de la Belgique a tout laissé derrière elle pour déménager en Mauricie. Mais ce qui devait être un rêve pour Jean-Marc, Monique et leurs trois enfants est maintenant problématique. Leur histoire fera mardi soir l’objet d’un reportage à l’émission La Facture de Radio-Canada.
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