Des croissants, du yaourt et un café au lait, vive le petit déjeuner. Prêt pour affronter une autre longue randonnée dans Paris, entendre les accordéonistes sur les ponts de la Seine, vibrer aux sons de l'orgue et des chants sacrés de Notre-Dame-de-Paris, traverser les Jardins du Luxembourg et arpenter le boulevard St-Michel.
J'essaie de vous raconter, mais je n'y arrive pas, je suis dérangé de toutes parts. Assis au comptoir de mon quartier général, le café "De Voltaire à Rousseau", mon spot depuis des années, j'essaie de vous placer des mots à mon histoire. Mais j'ai de la difficulté. À ma droite, Patrick, mon Danois de nouvel ami et chambreur m'entretient, pendant qu'à ma gauche il y a un jeune couple avec un petit turbulent qui grouille énormément autour de mon clavier et à l'arrière quelques clients placotant m'empêchent tous de me concentrer.
Et sans qu'elle ne le sache, Isabelle qui bosse au bar, me dérange aussi... juste à respirer.
Bon, faites un effort et essayez de comprendre qu'on est toujours la même journée du matin gris et que cinq kilomètres plus loin, je suis maintenant rendu au bout du boulevard St-Michel. Au bout du boulevard St-Michel pour passer sous terre et faire d'autres kilomètres additionnels. Mais c'est n'importe quoi! Meuh non, c'est sérieux. Je descends 130 marches en tourbillons pour arriver 20 mètres sous terre et visiter les catacombes de Paris. Pour côtoyer la mort.
- À lire aussi dans le dossier spécial :
- - CLAUDE GILL: Grand mystère
- - CLAUDE GILL: De Voltaire à Rousseau
- - CLAUDE GILL: Aucun cadran n’affiche la même heure…
- - CLAUDE GILL: Les insalubrités de la semaine / Épilogue 5
Les catacombes de Paris sont des galeries d'anciennes carrières s'étirant sur deux kilomètres et renferment un lot de surprises hors du commun. Pour des raisons d'insalubrité, vers la fin du 18e et jusqu'au milieu du 19e siècle, l'on vida les cimetières de Paris pour entasser les restes de plus de 6 millions de Parisiens dans ces galeries souterraines.
Et c'est ainsi qu'à mi-chemin de ces galeries, à l'entrée de l'ossuaire, nous franchissons une arcade avec une inscription au-dessus. "Arrête, c'est ici l'empire de la mort", gravé dans la pierre. Dans l'obscurité d'un décor romantico-macabre, entassé un peu à la manière de cordes de bois, ce sont des millions d'ossements et de crânes humains s'étirant sur 800 mètres. Un véritable paradis pour chiens et une grande source d'étonnement pour les visiteurs.
Après quelques moments à m'être essayé d'en remonter quelques uns, comme un cube rubik, je n'ai point réussi. La sortie se gagne en montant 83 marches toujours en tourbillon, et avec toutes ces émotions vécues et cette distance souterraine parcourue, vous ne savez plus vraiment où vous en êtes lorsque vous retrouvez le pavé au milieu d'un quartier inconnu.
Pour rester dans la thématique de cette journée du matin gris, rien de mieux qu'un bon souper, pardon, un bon dîner aux côtes levées accompagné d'un rouge. Et de bons rêves pour la nuit des temps!
Bye..........b....y.........................e.................................Claude


