S’il n’a pas à s’absenter d’ici là, l’entraîneur-chef dirigera, le 3 novembre à Victoriaville, son 657e match à vie avec les Huskies en saison régulière, pour ainsi devenir le pilote ayant participé au plus grand nombre de rencontres derrière le banc de la même équipe dans la LHJMQ.
À un assez jeune âge pour un entraîneur (38 ans), Tourigny surpassera alors la marque de son ancien patron à Shawinigan, Denis Francoeur (656 matchs à la barre des Cataractes de 1997 à 2008). Si le plateau des 300 victoires atteint l’an passé semblait avoir plus ou moins de signification pour lui, celui du nombre de matchs aux commandes de la même équipe en a beaucoup.
«Oui, c’est une fierté, a-t-il confié. Pour rester aussi longtemps en poste, il faut que tes patrons soient satisfaits de ton travail. Ce ne sont pas les entraîneurs qui font la stabilité, mais bien les propriétaires. Je suis un gars chanceux, car nos propriétaires ont décidé de me garder et de continuer à me faire confiance malgré mes erreurs et nos moins bonnes saisons.»
Climat de travail sain
À sa 11e saison derrière le banc des Huskies (sa 10e complète), André Tourigny explique aussi sa longévité à Rouyn-Noranda par le climat de travail sain qui règne dans l’organisation.
«Je le dis et je le répète partout où l’on passe; nous avons les meilleurs propriétaires de toute la Ligue canadienne! On a un bon climat de travail, on se respecte, chacun peut émettre son opinion et je pense être facile à diriger. Nos propriétaires ne se sont jamais ingérés dans le quotidien de l’équipe et n’ont jamais rien imposé non plus. Quand il y a de l’ingérence, ça crée des conflits, mais ce n’est pas le cas du tout ici. Nous avons toujours eu de bonnes discussions, notamment pour déterminer à quel point on est acheteurs à la période d’échanges», a-t-il raconté.
Pas un «one man show»
Une autre chose dont Tourigny se dit fier, c’est la relation qu’il entretient avec ses assistants, ce qui est peut-être bien un autre facteur de longévité.
«Je ne fais pas un “one man show”, a-t-il signalé. Par exemple, je n’ai jamais rédigé un alignement, choisi un gardien ou complété un échange sans consulter mes adjoints.
«J’entretiens une très bonne relation avec eux, et le fait que Mario Pouliot soit revenu avec nous (après un séjour de deux ans à Baie-Comeau) en est une preuve. Je leur donne de l’espace et d’importantes responsabilités. C’est comme si nous étions trois entraîneurs-chefs ici. Si tu ne délègues pas, tes adjoints ne seront pas heureux», a mentionné l’homme de hockey de Nicolet.
Moments marquants
En 10 ans et 735 matchs derrière le banc des Huskies (saison régulière et séries éliminatoires combinées), André Tourigny en a vécu, des bons comme des moins bons moments.
«Les parties #7 qu’on a gagnées (contre Lewiston en 2004 et contre Drummondville en 2007) figurent parmi mes plus beaux, a-t-il signifié. En 2004, la cabane était pleine ici, notre gardien Mathieu Poitras avait réussi un jeu blanc, en plus de récolter trois passes, et on avait gagné 5-0. Cette victoire a été un tremplin pour notre organisation, qui n’avait pas gagné une série depuis longtemps (trois ans). Dans les quatre années suivantes, on a fait le carré d’as trois fois, dont une finale. Si on avait perdu ce 7e match contre Lewiston, l’histoire aurait peut-être été différente pour la suite.»
Pour son moment le moins heureux, Tourigny n’a pas eu à fouiller longtemps dans sa mémoire. «C’est la finale de 2008 (perdue en cinq parties contre Claude Giroux et Gatineau, alors que les Huskies étaient nettement favoris), a-t-il déclaré. Oui, je l’ai encore sur le cœur…»


