Vingt-six triomphes en 31 courses. Plus de 500 victoires en carrière sur le circuit nord-américain du canot long parcours. Il n’y a rien à rajouter.
Pourtant, ce sont des athlètes comme Irwin Peterson ou Ovila Dénommé qui incarnent encore aujourd’hui le plus la Classique. Une question de charisme sans doute.
Il faut aussi mettre cela sur le compte que Corbin a été hyper-dominant dans les années 1980 et 1990. Tellement que, même s’il n’a pas à s’en excuser, c’en était trop parfois. À l’instar de Wayne Gretzky à la même époque qui larguait les Stastny, Bossy, Hawerchuck et cie par 60 points et plus au championnat des compteurs, Corbin distançait les Lynch, Triebold, Rudquist, etc. par une dizaine de minutes à chaque édition.
Pour le suspens, mieux valait repasser!
Puis, pour différentes raisons qui n’ont pas aidé à mousser sa popularité auprès du public et des organisateurs, Serge Corbin n’a pas pris part à des éditions historiques comme la 50e et la 75e Classique. Il est vrai que l’homme n’aurait jamais remporté un concours de relations publiques.
Trois ans donc après son triomphe en 2007, plusieurs croyaient que le roi de la Saint-Maurice avait accroché son aviron. Il pourrait ainsi dire adieu à la Classique avec une ultime victoire à son crédit. Avec un peu de chance, on aurait pu le revoir comme président d’honneur à la 80e ou à la 85e…
C’est pourquoi son retour en 2010 créer une effervescence qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. Il revient à 53 ans sur «sa» rivière alors que les jeunes loups Steve Lajoie et Andy Triebold, 34 ans tous les deux, affichent une arrogance que n’aurait pas renié Corbin il y a vingt ans avec les frères Barton ou Solomon Carriere.
Subitement, l’inaccessible canotier devient humain. Il descend de son piédestal. Le voilà qui met son prestige en jeu. Bravo! Il y a quelque chose qui me dit que les amateurs de la Mauricie l’encourageront comme jamais ils l’ont fait depuis sa première Classique en 1973 avec son frère Claude. Ça promet toute une course entre Corbin/Corlew et Lajoie/Triebold! Ça nous ramènera au duel de 2003 remporté par 39 secondes par Corbin/Kolka et en 2004 par 81 secondes par Lajoie/Triebold contre la même paire.
Corbin s’en va là pour gagner mais peu importe le résultat qu’il obtiendra, il vient de conquérir à coup sûr le cœur des partisans de la Classique…

