Réforme chez Loto-Québec : pas d’inquiétude dans la région

Marianne Côté marianne.cote@tc.tc
Publié le 21 novembre 2016

Les kiosques de billets de loterie dans les centres commerciaux sont exploités par des organismes sans but lucratif (OSBL).

©Photo TC Media - Audrey Leblanc

LOTERIE. La nouvelle stratégie de distribution de Loto-Québec pour optimiser ses ventes en chute libre a suscité une vague d’inquiétude chez les organismes sans but lucratif (OSBL) qui gèrent les kiosques de billets de loterie dans les centres commerciaux. Loin d'être alarmistes, les deux exploitants de la région se font au contraire rassurants.

La région de la Mauricie compte quatre kiosques de billets de loterie dans autant de centres commerciaux. Le Pavillon St-Arnaud de Trois-Rivières s’occupe de la gestion de trois d’entre eux, soit celui du Carrefour Trois-Rivières-Ouest, celui des Galeries du Cap et celui de la Plaza de la Mauricie à Shawinigan.

Pour l'organisme, l’exploitation de ces points de vente engendre des revenus se situant entre 10 000 $ et 20 000 $ par année, par kiosque.

«On fait des ventes d'environ 600 000 $ par kiosque annuellement. De ce montant, on fait 7 % de profit brut, ce qui représente environ 42 000 $ par année. Par contre, une fois que les salaires des personnes qui travaillent aux kiosques sont versés, il ne reste pratiquement rien. On fait des sous grâce à un programme de soutien de Loto-Québec. Sinon, on serait peut-être même déficitaires», explique Jean-Claude Dubois, directeur général du Pavillon St-Arnaud.

Selon ce dernier, la décision de Loto-Québec d'ouvrir la porte aux entreprises privées n'est pas une mauvaise chose, ni une menace pour son organisme. «Loto-Québec veut de bons gestionnaires pour faire augmenter les ventes. On est là depuis longtemps et on a prouvé qu'on est capable de bien gérer les kiosques. Je ne pense pas qu'on sera perdant», croit M. Dubois. 

Tout ce que je souhaite, c'est que le Pavillon ne sera pas désavantagé si une entreprise privée à compétence égale demande de gérer un de nos kiosques. Jean-Claude Dubois, DG du Pavillon St-Arnaud

«Je me suis informé et Loto-Québec ne veut pas éliminer les organismes, ajoute-t-il. Pour l'instant, je ne sens pas qu'on est menacé. Tout ce que je souhaite, c'est que le Pavillon ne sera pas désavantagé si une entreprise privée à compétence égale demande de gérer un de nos kiosques. J'espère dans ce cas que Loto-Québec nous choisira parce que l'argent qu'on amasse est investi dans la communauté.»

Un discours partagé par la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, gestionnaire du quatrième point de vente en Mauricie, soit celui au Centre Les Rivières.

L’organisme a signé un contrat avec la société d’État jusqu’au mois de mars 2018. Le kiosque rapporte des profits de près de 10 000 $ qui servent ensuite à financer leurs activités.

«Nous sommes considérés comme un exploitant performant auprès de Loto-Québec», a déclaré la directrice générale directrice générale de la chambre trifluvienne, Marie-Pierre Matteau.

Cette dernière a indiqué comprendre les motivations de la société qui souhaite simplement assurer sa pérennité. Reste maintenant à savoir qu’elles seront les critères utilisés par Loto-Québec pour conserver et sélectionner ses nouveaux exploitants.

«Nous avons d’ailleurs sollicité une rencontre avec la haute direction afin d’être fixés», a-t-elle confirmé, admettant qu’elle savait encore très peu de choses à l’heure actuelle sur la nouvelle stratégie de distribution.

Cependant, contrairement à d’autres organismes, la Chambre de commerce de Trois-Rivières s’autofinance et n’est pas dépendante de ces revenus pour subsister. La perte de ces profits engendrerait bien sûr des impacts, mais ne devrait pas trop se faire sentir sur les services offerts.

«En contrepartie, il faudrait travailler plus fort pour aller chercher se manque à gagner ailleurs», a souligné Mme Matteau. «Pour d’autres, s’ils se retrouvent privés de ce financement, on peut supposer que cela aurait des impacts importants.»

Notons que le Pavillon St-Arnaud gère le kiosque du Carrefour Trois-Rivières-Ouest depuis 1987, celui des Galeries du Cap depuis environ huit ans et celui de la Plaza de la Mauricie à Shawinigan depuis avril dernier.

Avec la collaboration d’Audrey Leblanc