Reconversion de la Wabasso: «une question de survie»

Geneviève Beaulieu-Veilleux genevieve.beaulieuveilleux@tc.tc
Publié le 30 avril 2016
Le maire Michel Angers, conférencier, en compagnie de Suzanne Marchand, urbaniste, et Pierre Dauphinais, président de l'AQU.
Photo TC Media - Geneviève Beaulieu-Veilleux

URBANISME. Shawinigan était l'hôte samedi d'une journée de formation dédiée à l'univers de l'urbanisme en partenariat avec l'Association québécoise d'urbanisme (AQU). Le maire Michel Angers a abordé la question de l'héritage industriel laissé par l'ancienne usine Wabasso comme un exemple probant de comment une reconversion industrielle peut «sauver une Ville».

Pour ce faire, 80 participants (citoyens et élus) étaient invités à prendre place dans l'ancienne usine de coton de l'avenue de la Station, maintenant reconvertie en lieu de formation et d'incubation à l'entrepreneuriat (1er étage), mais aussi un endroit pour le démarrage et l'implantation d'entreprises en jeu numérique (Digihub au 2e étage).

Jadis un terrain économique fertile pour la communauté, l'entreprise a fermé en 1985. Depuis, l'endroit a été «laissé à l'abandon» et c'est tout un coup de barre qui a été nécessaire pour lui rendre ses lettres de noblesse, a soutenu le maire Angers.

«C'est simple: pour nous la reconversion de l'ancienne Wabasso était une question du survie. Économiquement parlant, il fallait prendre un virage», a indiqué le maire de Shawinigan. Inspiré par un édifice aux visées similaires lors d'un voyage en Belgique en 2007, M. Angers met en branle son idée à son arrivée au pouvoir en 2009.

«Pour moi, un ancien syndicaliste, c'était important que l'édifice conserve l'âme des travailleuses qui y sont passées. Maintenant, je peux dire que l'intérieur du bâtiment constitue le cœur de notre ville», a-t-il souligné sur l'endroit qui a nécessité des investissements de 13,5M$.

Inscrit au patrimoine bâti en 1992, l'endroit a été reconverti dans le respect de certains éléments à mettre en valeur tels que le portail d'entrée, la conservation des cheminées ou encore le cachet des imposantes fenêtres.

«C'est certain que des entreprises qui quittent, ça laisse des cicatrices. La fermeture des usines, qui équivaut à une perte de 11,5M$ en revenus de taxes pour la Ville, a demandé un virage pour Shawinigan. Avec un projet comme le Centre d'entrepreneuriat qui a un pied dans le passé, l'un dans le futur et la tête au présent, je peux dire que la fierté de la population a monté d'un cran.»

Si le roulement du centre repose sur les revenus de location de ses entreprises permanentes (comme le Trou du Diable et le casse-croûte du Digihub), le maire a bon espoir d'arriver à engendrer des profits dans la prochaine année.

«C'est vrai qu'on n'a pas attendu après les subventions des gouvernements et des partenaires: on a pris action. On s'est mis la tête sur la bûche, mais en voyant les retombées auprès de la population: on peut dire que ça marche», a-t-il affirmé. Il a d'ailleurs salué les statistiques encourageantes sur les intentions d'entreprendre pour la tranche des moins de 35 ans à Shawinigan, qui est supérieure à celle du Québec.

Un lieu d'inspiration

Urbaniste pour la ville de Shawinigan, Suzanne Marchand explique que ce genre de journée de formation est un terrain d'échange idéal pour les acteurs impliqués en urbanisme.

«Pour les comités consultatifs en urbanisme, c'est inspirant de voir ce qui se fait ailleurs. C'est un accès aux exemples d'ailleurs au Québec et une mise en commun des idées», soutient-elle sur ce comité responsable d'énoncer des recommandations aux conseils municipaux.

En guise d'exemple, des réalisations comme la conversion de l'ancien aréna Jacques Plante ou encore la Caserne d'incendie de l'avenue Champlain et le Marché public ont engagé les membres du comité consultatif de Shawinigan dans les dernières années.

«Des échanges comme aujourd'hui nous permettent de poser nos questions et de prendre de meilleures décisions», résume la femme.