Sections

Pour ou contre la Porno ?

Publié le 9 mai 2017

Par Genny Harvey | CHRONIQUE. Selon les études, deux hommes sur trois consomment de la pornographie sur Internet. De ces deux personnes, une en deviendra dépendante, c’est-à-dire qu’elle aura besoin de cette stimulation afin d’acquérir une excitation suffisante pour réussir sa relation sexuelle. De plus, 50% des hommes ayant eu recours à la pornographie avoue avoir tenté de reproduire ce qu’ils ont vu à l’écran.

L’âge moyen du début de cette consommation est de 14 ans; à l’âge où le jeune est en plein développement de son identité sexuelle. Ce faisant il acquiert, par la pornographie, non seulement un jugement inapproprié de la sexualité des femmes mais également un apprentissage dévié de la sexualité croyant, à tords, que toutes les femmes désirent faire l’amour avec une autre femme, que celles-ci acceptent en tout temps la sexualité, que la pénétration anale est un comportement banal et régulier ainsi que son plaisir passe obligatoirement par la stimulation vaginale. Tout cela est faux!

La consommation d’images pornographiques sape également l’imaginaire et la capacité fantasmatique qui amènent le désir. Au lieu d’un développement lent et progressif des désirs, la pornographie a une fonction très bien rodée où tout est rapide et dépourvu de romantisme, de tendresse et d’amour. Pire, elle stimule plus des élans violents que sensuels.

Chez l’homme adulte, la pornographie engendre l’éjaculation précoce dans 30% des cas et la dysfonction érectile avec la partenaire dans 25% des cas ainsi qu’une insensibilisation pénienne. Notons aussi les difficultés d’éjaculation, l’anéjaculation et, parfois, l’anorgasmie. Le désir sexuel diminue car seulement la vision est stimulée au détriment de l’odeur de l’autre, des contacts physiques et de la séduction. La pornographie conduit, bien souvent aussi, à la cyberpornographie et la cybersex dépendance.

Chez le couple, lorsque la partenaire connaît la consommation pornographique de monsieur, nous retrouvons des troubles sexuels multiples, un risque de séparation, une détresse conjugale, une diminution du romantisme, des doutes, des craintes et une image de soi diminuée chez la femme. En effet, comme la pornographie s’avère un stimulus supra normal dans le sens où la stimulation est plus puissante que ce que l’on rencontre habituellement dans la vie de tous les jours, l’image de la femme étant faussée et idéalisée (corps parfait, vêtements sexy, rapports sexuels irréalistes, pénis énormes et extrêmement performants), elle représente une vie sexuelle impossible à obtenir dans la réalité.

La pornographie tue les fantaisies conjugales et, assurément, provoque une rupture entre sexe et sentiments où l’homme est dominateur, toujours capable de donner du plaisir à la femme tandis que cette dernière est représentée comme une créature parfaite physiquement et toujours prête à dire oui à tout….ce qui est loin d’être réaliste!