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L'Hebdo du St-Maurice
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OPINION-Ne tombons pas dans le même piège

par Michel Matteau
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Article mis en ligne le 9 décembre 2007 à 11:00
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OPINION-Ne tombons pas dans le même piège
OPINION-Ne tombons pas dans le même piège
Tout un choc que l'annonce de la fermeture définitive de l'usine Belgo. Une atteinte directe à nos racines régionales, sans avertissement, Abitibi Bowater préférant le coup de matraque à un scénario de pseudo agonie.
L'intention n'est-elle pas après tout, de mettre fin aux opérations de ce site, rien d'autre. Pas facile pour les travailleurs et leur famille respective avec lesquels nous sympathisons. Pas facile non plus pour la collectivité économique régionale qui dernièrement en avait pourtant assez bavé.

Et les réactions arrivent de toute part. Le syndicat est prêt à se battre. On dénonce la manière cavalière de la multinationale de faire les choses. Les partis d'opposition blâment le gouvernement et le gouvernement montre du doigt la compagnie ''fautive''. C'est la consternation à l'Hôtel de ville ainsi que chez nos corpos dédiées au développement économique. On en a parlé tout le week-end, à la maison, à la messe, au resto, à la taverne, partout. Rien d'autre sur les lèvres que la Belgo.

Du déjà vu, du déjà entendu et du déjà vécu. Cela dure depuis quarante ans. Seuls les noms des usines et des individus changent. Depuis le milieu des années 60, date de l'étatisation des ressources hydroélectriques où Shawinigan a sacrifié son principal atout au profit de la collectivité québécoise, notre région a assisté au départ ou à la fin de bon nombre d'industries et de ce fait à la perte de milliers d'emplois. A chacun de ces événements crève-cœur, la ville a réagi avec les moyens d'alors, nos gouvernements se sont pointés avec leurs millions, nos comités économiques ont formé des comités de relance, les organismes sociaux ont décrié la pauvreté grandissante de la région…On se mobilisait nous disait-on, se promettant bien de ne plus s'y faire prendre. Nous aurons l'œil ouvert, et le bon.

Ainsi quelques fermetures furent retardées, quelques usines furent tenues en vie artificiellement, le temps que la tempête passe. Puis un jour, le pic du démolisseur se pointe. Il nous suffit de passer là où se situaient les usines Dupont, CIL, Carbure, Shawinigan Chemicals, BF Goodrich et cie pour faire constat des dommages. Dans chacun de ces cas, nous avons réagi de façon identique et nous répétons aujourd'hui le même pattern. Où cela nous conduira-t-il sinon au même endroit.

Ne devons-nous pas nous rendre à l'évidence que si nous ne modifions pas la façon d'agir, nous serons encore pour une ou deux décennies que les spectateurs impuissants de ces départs douloureux. La solution ne réside ni dans la mobilisation pour sauver les meubles ni dans la gestion de crise, bien que nous devions tout faire pour éviter ou retarder le pire.

L'avenir de Shawinigan se trouvera bien servi que lorsque nous déciderons de bâtir une ville et que nous nous en donnerons les moyens. Voilà où les énergies doivent être investies. Assurons-nous de livrer le vrai combat. Donnons-nous de nouveaux et de vrais moyens. La liste des demandes de la ville de Shawinigan aux gouvernements en contient d'intéressants, dont un bloc patrimonial d'énergie, des redevances sur la production d'énergie, maintient des avantages à titre de région ressource. Ajoutons à ces éléments cette saveur à la j'aime Shawi de l'offensive suggérée par le CLD: 1500 nouveaux emplois en 900 jours. A cet effet, un fonds spécial d'un demi-million de dollars est déjà sur la table, un fonds que la ville désire amener à 3.5 millions d'ici peu. Et de un…Ensuite?

Évitons à tout prix de tomber dans l'ivresse d'annonces de millions déjà existants. Ne guérissons pas trop vite. Que la Belgo ne meure pas en vain si tel est sa destinée. Que cette souffrance devienne initiatrice d'un renouveau collectif, déclencheur de ce goût de bâtir et de rebâtir. Personne d'autre que nous ne viendra à notre rescousse. Personne. Les dernières quarante années en témoignent haut et fort. Ceux et celles qui se disaient alors nos sauveteurs (élus) ont préféré faire naître une nouvelle économie industrielle à quelques kilomètres au sud (un Bécancour qui déjà, a ses ratées) au lieu de participer à la continuité d'une région qui avait contribué largement au devenir industriel du Québec. Il n'y a pas de mal à leur rappeler.

À suivre.

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